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Politique

Les syndicats au chevet de la ministre du Travail

Ni caution ni concertation avec le plan anti-ouvrier de Macron !

À l’issue du premier tour, les médias n’ont eu cesse de faire la promotion de la future vague macroniste à l’Assemblée nationale. Entretemps, le gouvernement a débuté ce lundi au ministère du Travail les concertations avec les directions syndicales et les organisations patronales…

Crédits photo : AFP/PHILIPPE LOPEZ

Après les quelques turbulences liées à la multiplication des affaires, notamment celle de Richard Ferrand, le gouvernement semble avoir finalement passé le cap de la majorité absolue. Au soir du premier tour, ce sont plus de 400 sièges qui sont promis au parti présidentiel. Dès lors, Macron compte bien user de l’ensemble des cartes son jeu pour exécuter ses plans anti-ouvriers, tout cela par ordonnances.

Ainsi, sans attendre l’issue du deuxième tour des législatives, le gouvernement a débuté ce lundi le marathon de réunions dites de « concertation » avec les directions syndicales. Ainsi une série de réunions bilatérales avec les cinq organisations représentatives, la CGT, CFDT, FO, CFE-CGC et CFTC côté salariés, et les organisations patronales, le Medef, la CPME et U2P, a débuté hier. La CFTC et FO ont ouvert le bal ce matin. Viendra ensuite le tour du Medef dans la soirée, puis de la CGT mardi.

Et c’est bien en comptant sur le rapport de force nouvellement acquis, suite au premier tour des législatives, que le gouvernement compte bien mettre la pression aux directions syndicales et céder le moins de miettes possible. Il compte pour cela s’appuyer sur le fait d’avoir annoncé la couleur, en donnant notamment les grands axes de sa réforme du Code du travail avant même le premier tour, et de la nouvelle légitimité d’une majorité absolue assurée, malgré l’abstention historique.

Sous couvert de « dialogue social » remanié, le gouvernement compte bien inclure, sous peine d’exclusion, l’ensemble des syndicats, la CGT compris, dans une concertation intense pour légitimer ses ordonnances. Ainsi, la nouvelle musique chantée par le Premier ministre et la ministre du Travail Muriel Pénicaud consiste à assurer que le projet de réforme du Code du travail serait « co-construit » avec les partenaires sociaux.

Le ministère du Travail compte organiser deux types de réunion. Les premières réunions dites « techniques » seront pilotées par le cabinet de la ministre Muriel Pénicaud, en présence de spécialistes de chaque syndicat. Les autres, politiques, associeront la ministre avec les conseillers sociaux de Matignon et de l’Elysée, le directeur adjoint du cabinet d’Edouard Philippe, Thomas Fatome, et les numéros un de chaque organisation. L’objectif étant de déminer les tensions.

Au menu des premières discussions cette première semaine : la question de l’extension des domaines dans lesquels l’accord d’entreprise aura primauté sur l’accord de branche. Au détour de la première rencontre, on apprend que les ordonnances pourraient permettre aux entreprises, « dans des cas spécifiques » et selon des modalités « encore vagues », de déroger aux domaines aujourd’hui réservés à la négociation de branche, a indiqué la CFTC ce lundi après cette première réunion.

D’ores et déjà, FO et la CFDT ont émis leur souhait de négocier et vont plaider pour leur part pour que le rôle de la branche soit renforcé dans certains domaines, notamment sur les questions liées à la qualité de l’emploi, Du côté de la CGT, qui se rendra ce mardi à la table des négociations, ce sont pour l’instant au travers de déclarations incantatoires que Martinez s’est exprimé en promettant « des mobilisations » si « des mesures explosives apparaissaient ».

Pourtant, en acceptant d’ores et déjà de venir à la table des négociations pour être « concertés » sur un plan on ne peut plus clairement anti-ouvrier, c’est en tant que caution de gauche de ce gouvernement que Martinez joue. Plus que jamais, il ne peut y avoir de concertation avec le plan de casse du Code du travail. Les promesses de mobilisation, ou « journées d’action », ne peuvent être agitées sans être concrétisées en un plan de bataille concret à mener.

En ce sens, nous ne pouvons qu’exiger de nos directions syndicales qu’elles quittent immédiatement la table des négociations. Il nous faut demander, à l’inverse, un plan de bataille clair, qui ne peut être fait d’un calendrier d’appels éparpillés sur les territoires ou de journées d’action sans lendemain. C’est autour de ces revendications, à partir des structures existantes, qui regroupent des équipes militantes et syndicales, qu’il nous faudra mener la bataille, dès le 19 juin.




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