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Politique

Un vrai poète, Monsieur le ministre

Pour Castaner, il faut arrêter « d’emmerder les Français »

Plus les jours passe, et plus le ton de Christophe Castaner se durcit. Ce 20 septembre, sur le plateau des Grandes Gueules de RMC, il a réaffirmé que le gouvernement « ne laisserait pas la France être bloquée », expliquant refuser que l’on « emmerde les Français ». On aurait pas pu faire plus poli.

Christophe Castaner est décidément au four et au moulin en ces temps de mobilisation sociales contre les ordonnances Macron. Quelques jours après avoir affirmer qu’ « on ne peut pas paralyser la France », en référence à la mobilisation et la grève des routiers, le porte parole est reparti à l’offensive, à la veille de la seconde journée de manifestation nationale.

je vous le redis, même si je sais que je vais recevoir encore 200 tweets d’insultes pour dire que je ne respecte pas la démocratie et le droit de manifester. Je respecte le droit de manifester mais je m’oppose au fait qu’on emmerde les Français et qu’on bloque ceux qui vont bosser, ceux qui vont à l’école ou qui passent des examens, il faut respecter ceux-là.

Christophe Castaner sur les ondes de RMC, dans l’emission les Grandes Gueules ce mercredi 20 septembre

La formule est vieille comme la lutte des classes, mais elle traduit un haussement de ton de la part de l’éxécutif. IL s’agit de rappeler le principe du gouvernement de « ne pas laisser la France bloquée », ce qui laisse sous entendre que, si nécessaire, la répression serait d’usage pour débloquer toute tentative de blocage de l’économie par la grève, spectre qui hante Macron et les siens. Mais en affirmant que les grévistes « emmerdent les Français », le tout agrémenté du fameux discours sur la légitimité démocratique d’Emmanuel Macron a massacrer le Code du travail et les acquis sociaux, Castaner passe à l’étape supérieure : la criminalisation du mouvement social naissant pour contrecarrer les possibilités d’extension des grèves à d’autres secteurs.

Alors qu’une majorité de la population se positionne contre les ordonnances Macron, Castaner sort l’artillerie lourde sur le plan médiatique pour contenir la colère. Mais à travers les lignes, le porte-parole du gouvernement laisse transparaître les contours du scénario catastrophe pour exécutif : celui de voir les travailleurs prendre les choses en main par la grève et la convergence des luttes pour taper tous ensemble sur le même clou et au même moment. Une unité qui, si elle apparaît comme à chaque mouvement difficile à mettre en place, est largement appelée de leur vœux par les travailleurs mobilisés. Cette pression à la base doit ouvrir la voie à la formulation d’un plan de bataille conséquent et dans la durée de la part des principaux dirigeants des organisations syndicales et politiques. C’est dans la grève, sur la durée, que l’on pourrait obtenir le retrait des ordonnances. Et, par la même occasion, envoyer Monsieur le ministre aller se faire voir ailleurs...




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