Société

Cyber-piraterie

Procès. Trois militants hackers risquent gros

Publié le 9 novembre 2015

Jean-Numa Lascar

Hier, lundi 9 novembre, comparaissaient au tribunal correctionnel de Nancy trois militants d’Anonymous, ce collectif d’internautes connu pour ses « cyberattaques » contre l’église de scientologie, contre les dictatures des pays arabes ou encore pour son soutien à Julian Assange lors de l’affaire Wikileaks.

Se positionnant, à la suite de la catastrophe de Fukushima, contre le nucléaire et les « grands projets inutiles et imposés  », le groupe est soupçonné d’avoir mené en décembre et janvier derniers une série d’attaques visant à paralyser différents sites internet en lien avec l’industrie nucléaire et le projet de barrage de Sivens. Selon un procédé consistant à sursolliciter les serveurs qui hébergent les sites internet, ils auraient temporairement mis hors de service les sites du Conseil général de la Meuse, du Conseil régional de Lorraine et de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (l’ANDRA), responsables de la construction d’un centre d’enfouissement des déchets nucléaires dans la Meuse.

De même, ils auraient paralysé par « déni de service » le site du Ministère de la Défense, le ministère ayant commandité les jets de grenade ayant tué Rémi Fraisse il y a un an. Ces trois « hacktivistes » encourent jusqu’à 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende. Un exemple de plus que, même sur la toile, l’État et le gouvernement socialiste poursuivent sans pitié les militants et ceux qui contestent la société telle qu’elle existe.