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Politique

Edito

SNCF : « 2 jours de grève tous les 5 jours ». Un plan de bataille à la hauteur des enjeux ?

Une majorité d'organisations de l'inter-fédérale cheminote a donc statué sur une modalité de grève de 2 jours par période de 5 jours, à partir du 3 avril et ce jusqu'au 28 juin. Si ce plan de bataille apparaît insuffisant, il s'agit aujourd'hui de le discuter au sein des organes démocratiques élémentaires de lutte : les Assemblées Générales de grévistes.

Ce jeudi 15 mars, l’actualité sociale n’était pas seulement marquée par la très forte mobilisation des EHPAD, du secteur de la santé, de l’Education et des retraités. En effet, une inter-fédérale de l’ensemble des syndicats de cheminots se tenait, dans le but d’acter un plan de bataille contre les réformes à venir de la SNCF, préconisées par le rapport Spinetta.

Alors que l’hypothèse d’une mobilisation massive des cheminots le 22 mars, dans une unité syndicale historique, ne fait guère de doute, la question principale concernait les suites. Grève reconductible dès le lendemain ? A partir de début avril ? Grève"rectangle"de 3 jours par semaine ? Les rumeurs allaient bon train. Au final, une majorité d’organisations de l’inter-fédérale a débouché sur un appel à la grève de 2 jours par semaine, du 3 avril à la fin juin. Une modalité qui a été portée par la CGT Cheminots, l’UNSA et la CFDT.

Un plan de bataille qui apparaît comme très insuffisant pour imposer le retrait des réformes à un gouvernement plus que jamais déterminé à détruire le service public ferroviaire. Une intention désormais limpide puisque la méthode du recours aux ordonnances est désormais officielle, tandis que les « concertations » n’ont pas modifié une virgule du projet de texte. Une stratégie qui s’est accompagnée par une campagne de « cheminots bashing » intense de la part des médias dominants, et qui va certainement s’accentuer dans la période de l’après-22, arguant sur des soi-disant « privilèges » et cherchant à isoler les cheminots dans un combat qui, pourtant, concerne l’ensemble des usagers et des travailleurs.

Grève 2 jours sur 5 à partir du 3 avril jusqu’au 28 juin. Ce plan de bataille vous semble t-il à la hauteur pour gagner contre le gouvernement ? C’est la question que nous avons posé à nos lecteurs, par le biais d’un sondage auxquels 764 personnes ont répondu. Le résultat est sans appel. 73% des sondés désapprouve la stratégie proposée par l’inter-fédérale du 15 mars.

Pour des Assemblées Générales décisionnaires ! C’est aux cheminots eux-mêmes de décider !

La nouvelle question qui se pose aujourd’hui pourrait se résumer ainsi : Comment maintenir l’unité syndicale large, favorisant l’entrée en bataille d’un maximum de cheminots, tout en se dotant d’un plan de bataille à la hauteur des enjeux ?
En ce sens, la position de Sud Rail est intéressante, et ouvre une autre perspective sans briser l’unité. Invité sur BFM TV, Erik Meyer, secrétaire général de la Fédération Sud Rail, expliquait ainsi que Sud Rail se joignait « à la date du 3 avril » comme lancement de la mobilisation tout en maintenant sa ligne, proposant la poursuite du mouvement dans la grève reconductible. En définitive, pour Erik Meyer, « c’est aux grévistes de décider » des modalités du combat à venir.

Il s’agit là d’un principe démocratique élémentaire, permettant à l’ensemble des cheminots grévistes,syndiqués ou non, de pouvoir mener leur lutte comme ils l’entendent ! Après tout, ce sont bel et bien eux qui seront sur le front de la bataille,qui devront sacrifier une partie de leur salaire, qui plus est lorsqu’un sondage interne à l’entreprise indique que plus de 90% des cheminots et de large frange de cadres se disaient disposés à enter dans la bataille. En ce sens, et contrairement à ce qu’affirmait BFM TV dans son bandeau télévisuel mettant en avant un prétendu début de « désaccord » entre les organisations syndicales, il s’agira pour l’ensemble des syndicats et des grévistes de se plier aux décisions prises directement par la base.

L’heure est donc bel et bien à la construction de la date du 22 mars, pour une mobilisation la plus massive possible dans la rue et dont les échos à l’heure actuelle sont très encourageants partout dans les chantiers, les gares et les établissements, et à la mise en place des cadres d’organisation démocratique du mouvement, à savoir les Assemblées Générales inter-services et directement décisionnaires, regroupant différents métiers et secteurs, avec des grévistes qui deviennent des vrais militants et acteurs de la grève. Le débat doit s’ouvrir le plus largement possible, concernant tout aussi bien les modalités d’action que le programme dont doivent se doter les cheminots pour gagner contre le gouvernement Macron, visant à la fois à armer les travailleurs du rail d’un plan de bataille conséquent tout en tissant des liens de solidarité avec l’ensemble des usagers et des travailleurs. Des paramètres essentiels pour renvoyer dans les poubelles de l’histoire Macron et ses réformes.




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