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Notre classe

Blocage de la gare de Toulouse-Matabiau

SNCF : « A force d’attendre Pepy, les personnes à mobilité réduite, on sera des cadavres dans nos fauteuils ! »

Le Collectif Inter-Associatif du Handicap 31 a bloqué la gare de Toulouse-Matabiau pour dénoncer l’absence de dispositifs pour permettre aux personnes à mobilité réduite de se déplacer. Une situation déjà alarmante et qui a tendance à se dégrader avec le processus d’ouverture à la concurrence de la SNCF.

Le Collectif Inter-Associatif du Handicap 31 (CIAH) a organisé une action, ce mercredi 24 octobre, pour bloquer la gare Matabiau à Toulouse. Derrière le mot d’ordre « Pepy, tant que Matabiau, gare de la 4e ville de France sera inaccessible en autonomie aux personnes à mobilité réduite et personnes handicapées, nous paralyserons le trafic SNCF comme vous nous paralysez ! ». Dans leur commu-niqué de presse, les membres du collectif rappellent à quel point l’accès aux trains, aux TER, aux métros est un véritable calvaire pour les personnes à mobilité réduite et handicapées. Face à cela, la direction de la SNCF ne sait justifier son inaction profondément discriminatoire que par un manque de budget !

Cette attitude rappelle les déclarations de Christophe Barbier, un des chiens de garde les plus do-ciles de la bourgeoisie, qui pensait impossible l’égalité salariale homme-femme puisque cela oblige-rait les entreprises à mieux payer leurs salariées. L’humanité coûte trop cher aux capitalistes ! L’action de ce collectif illustre clairement les liens, pourtant évidents, entre les luttes de travailleurs et l’ensemble de la société.

Car la lutte des cheminots du printemps dernier était bien une lutte sociétale ! Les cheminots de la région Midi-Pyrénées avaient d’ailleurs organisé au mois de juin, une action sur la gare de Muret pour protester contre la dégradation de l’accessibilité, pourtant déjà réduite à peau de chagrin, aux transports. Pour les personnes à mobilité réduite et handicapées, il existait des services (peu mis en avant) pour être transporté jusqu’aux gares ou accompagné dans le train en cas de besoin. Une re-vendication qui ne semble pas ahurissante : avoir le droit, la liberté de circuler comme n’importe qui. À l’occasion de cette action, Odile Maurin, militante du CIAH 31 avait pu rappeler à quel point notre société est de plus en plus faite pour « les valides, de 40 ans, blancs, en bonne santé, sportifs ». Elle pointait également la responsabilité de la SNCF qui depuis 2008, date à laquelle la direction avait pris un premier engagement pour 2015, n’a fait que repousser le lancement d’un plan concret, efficace pour que les trains soient accessibles à toutes et tous. Promesses qui courent aujourd’hui jusqu’à 2024 !

Sur le terrain du mensonge, on ne peut cependant pas accuser Guillaume Pépy de discrimination. C’est bien simple, il ment à tout le monde ! Aux cheminots sur la conservation du statut pour ceux qui en bénéficient actuellement, aux personnes à mobilité réduite et han-dicapées comme le rappelle le CIAH, et plus largement à la population toute entière en niant la fer-meture des petites lignes, qui s’applique dès aujourd’hui. L’action de ce jour du CIAH met la direction de la SNCF face à ses contradictions et permet de faire apparaître publiquement les pro-blèmes de personnes à mobilité réduite. Car à l’instar des autres oppressions, il est plus simple de faire comme si cela n’existait pas et de poser des tabous, bien utiles pour couvrir l’inaction.

Aujourd’hui la libre concurrence à la SNCF se paie au prix de la fin de la liberté de circulation pour toutes les personnes à mobilité réduite, pour les personnes les plus précaires, pour les personnes qui n’habitent pas en ville. C’est bien là la question que posait la grève des cheminots : quelle SNCF voulons-nous ? Celle de Pépy qui balance des millions pour des petits-fours et devient une aubaine de profits pour les capitalistes ? Ou une SNCF, qui ne se préoccupe pas des questions de rentabilité, mais met au centre de ses préoccupations un service public de haute qualité, qui dessert tout le terri-toire, à des prix accessibles, sans accidents et qui soit accessible à toute la population ?

Crédits photos : © Th. Gausserand




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