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Un 1er mai de combat pour durcir le mouvement, seule issue pour défaire Macron !

Alors que la situation semble aujourd'hui dans un statu quo, le mois de mai qui s'ouvre, 50 ans après 68, apparaît comme charnière pour la bataille sociale contre Macron. Ce 1er mai, journée internationale des travailleurs, s’ouvre dans un contexte particulier, celui du mouvement de grève des cheminots, à l’appel des seuls CGT et Solidaires.

Le calme avant la tempête ? Ce qui est sûr, c’est que la bataille sociale en cours, rail en tête, connaît aujourd’hui un moment de flottement. D’un côté, le gouvernement maintient sur le fond une ligne de fermeté, tandis qu’il commence à exprimer quelques signes d’ouverture envers les directions syndicales, du moins sur la forme. Le gouvernement annonce même déjà la couleur : la préfecture de police a d’ores et déjà annoncé que le « cortège du 1er mai sera placé sous haute surveillance policière », a indiqué la préfecture de police. De l’autre, la détermination des cheminots reste importante, comme le montre le maintien à des hauts niveaux de mobilisation dans les secteurs indispensables à la circulation, même si des roulements sont à observer, et ce malgré la stratégie de la grève « perlée ». Pour l’heure, « l’enlisement » temporaire du conflit est facilité par cette stratégie, modalité de mobilisation visant avant tout à ouvrir de très illusoires « vraies négociations », ce qui permet à Borne, Philippe et Macron d’annoncer l’ouverture de discussions à Matignon tout en ne renonçant pas à l’intransigeance du gouvernement. En d’autres termes, le statu quo actuel est plutôt favorable à l’exécutif… raison de plus pour renverser la vapeur, alors même que les cheminots ont “perlé” un certain nombre de jours de grève, qu’ils auraient tout aussi si bien pu faire d’un trait.

Pourtant, c’est une évidence : la situation actuelle ne pourra pas s’enliser éternellement. La bataille du rail est aujourd’hui à un tournant. Ce mois de mai s’annonce décisif pour la mobilisations, et tous les scénarios restent aujourd’hui ouverts.

Dans ce cadre, le 1er mai 2018 – journée internationale des travailleurs – prend un caractère particulier. Non seulement arrive-t-il à un moment charnière, mais il ouvre également une période particulièrement chargée de l’agenda social, avec notamment la mobilisation nationale de l’Enseignement, le 3 mai, la journée de mobilisation du 7 mai, ou encore d’autres dates comme le 5 mai. Pour passer à la vitesse supérieure et commencer à enclencher un véritable rapport de force, cette date du 1er mai se doit d’être un 1er mai de combat, qui établisse un rapport de force permettant d’imposer comme préalable le refus de toute négociation, que ce soit avec Philippe ou Borne ; car cette loi n’est ni amendable ni négociable, et que seule la grève reconductible est à même de donner une nouvelle impulsion au mouvement.

En ce sens, l’absence de préparation sérieuse de ce 1er mai de la part des directions syndicales, du moins celles qui comptent manifester, empêche cette journée d’incarner un véritable saut qualitatif pour la mobilisation. En effet, la CFDT, la CFTC et l’Unsa, une fois encore à la pointe de l’inconsistance en matière de défense des intérêts des travailleurs, mettent toute leur énergie dans l’organisation d’un... « 1er mai culturel et revendicatif », avec des projections de films. A ce jeu, Laurent Berger remporte la palme : en guise de fête du 1er mai, il compte saborder la grève des pilotes, avec des déclarations rappelant le discours patronal en affirmant que les pilotes seraient des « preneurs d’otage »... Une situation qui pourrait faire sourire, mais qui s’apparente à un quasi-sabotage de la mobilisation actuelle. Le nouveau secrétaire général de FO a indiqué qu’il ne manifesterai pas avec la CGT le 1er mai, mais veut discuter d’une future "mobilisation interprofessionnelle"… sans pour autant fixer de date.

Aujourd’hui, alors que le personnel d’Air France a calé son calendrier de grève sur la mobilisation des cheminots, tous les éléments sont réunis pour mettre en place une réelle convergence des luttes, réclamée massivement par les travailleurs en lutte et les étudiants mobilisés. Pourtant, l’absence d’un plan de bataille conséquent contre Macron et ses réformes se fait cruellement ressentir. L’heure n’est plus aux tergiversations, mais au durcissement du mouvement cheminot, aujourd’hui à la pointe, ce qui enverrait un signal fort à l’ensemble des secteurs de travailleurs. Cela passe par l’ouverture d’assemblées générales décisionnaires et démocratiques, discutant des modalités de lutte pour gagner et obtenir le retrait sans condition de la réforme ferroviaire. Pour ce faire, alors même que la stratégie de la grève perlée à atteint ses limites, et face à un gouvernement qui profite de la brèche pour se renforcer dans le rapport de force, l’ouverture d’un conflit frontal est absolument indispensable. A ce titre, la grève reconductible apparaît chaque jour un peu plus nécessaire pour non seulement lancer un plus large arc de force cheminot dans la bataille, mais aussi pour bousculer le statu quo en faveur des travailleurs, en ouvrant à la possibilité d’un toutes et tous ensemble, à même de faire tomber de leur piédestal Macron et ses ministres.




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