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Politique

10 juin. Les psys appellent à la mobilisation pour exiger des moyens et l’autonomie de la profession

Ce jeudi 10 juin, les psychologues appellent à une journée de mobilisation. Libre accès au soin, prise en charge des séances, respect de l’autonomie des psychologues, investissement dans la santé sont au cœur de leurs revendications.

mercredi 9 juin

Cet appel du 10 juin est porteur de nombreuses revendications pour ces professionnel.le.s de la santé mentale à qui l’Etat tord le cou depuis de nombreuses années. Le contexte sanitaire a exacerbé les souffrances psychiques de tout un chacun, et notamment des plus précaires et isolé.e.s, mais il a également montré combien les consultations et les psychothérapies sont nécessaires et ne devraient pas être un luxe que seul.e.s les plus aisé.e.s pourraient s’offrir.

Tout d’abord, les psychologues mobilisé.e.s exigent que les soins psychologiques soient libres d’accès, sans prescription médicale et remboursés par la Sécurité Sociale. Plusieurs dispositifs de soins remboursés par la Sécurité Sociale sont à l’essai, comme le chèque psy par exemple, mais ils sont soumis à la prescription d’un médecin, sont limités en nombre de séances et le montant remboursé est indécent sans parler de la difficulté d’accès. Pour en finir avec un système profondément inégal et de fait inaccessible pour les populations les plus précaires, ils défendent ainsi dans une des pétitions qui circulent en ce moment dans le milieu : « Nous sommes d’accord avec la prise en charge des consultations des psychologues par la sécurité sociale, avec une rémunération qui doit être décente, et nous demandons à ce qu’elles soient en accès direct, sans prescription médicale, pour tous et sur tout le territoire pour une durée qui corresponde aux besoins du patient ! »

Aussi, une autre grande revendication se trouve au cœur de la mobilisation est celle des rapports et des réglementations proposés par l’Etat. Ces derniers montrent bien la méconnaissance, et surtout le mépris pour le métier de psychologue, pour sa pratique et pour celles et ceux qui sont en charge de leur formation, les cahiers de charges de l’ARS qui interdisent ou limitent les soins à certaines structures, et autres arrêtés visant à réduire les compétences des psychologues intervenant auprès de certains publics. Autant de propositions qui ne vont ni dans le sens des professionnel.le.s, car elles ne permettent pas de travailler décemment et de vivre de leur travail ; ni dans le sens des patient.e.s car elles leurs limitent l’accès aux soins. Enfin, ces propositions tendent à homogénéiser les méthodes de traitement et menacent ainsi la pluralité des approches qui sont une véritable richesse dans la pratique psychologique.

Ils exigent ainsi le respect de la loi de 1985, qui garantit le respect de l’autonomie des psychologues et de la pluralité de leurs méthodes et pratiques. Les psychologues mobilisé.e.s demandent que soient reconnues leur éthique et leur code de déontologie, toutes deux élaborées et constamment réactualisées par les 21 organisations et syndicats de psychologues, et qui sont menacées par la proposition de loi visant à créer un Ordre des psychologues.

Une fois de plus, l’Etat fait la sourde oreille aux revendications des personnel.le.s soigant.e.s, et avance dans ses velléités néolibérales au mépris de la réalité de la pratique du métier. Les organisations de psychologues dénoncent les propositions qui cherchent à mettre au coeur la rentabilité, au prix du sacrifice de la santé de la population. Dans ce sens, ils exigent d’être ceux qui décident pour leur profession et pour et avec leurs patients et que ce n’est pas à un gouvernement qui ne fait que les précariser de décider pour eux.

Les psychologues mobilisé.e.s, dénoncent ainsi l’abandon du service public par l’Etat, et exigent la création massive de postes de psychologues dans le secteur de la santé publique. Ils demandent également une revalorisation de leur salaire et une amélioration de leurs conditions de travail : attaque de la fonction FIR, renouvellement de CDD à répétition, précarisation de la profession, etc.

Le 10 juin une journée de mobilisation de tout le secteur est appelé, cette date s’inscrit ainsi dans un mouvement beaucoup plus large du secteur de la santé qui prévoit une journée de grève le 16 juin. Celui-ci démontre bien que le secteur de la santé public a été l’un des plus touchés par les politiques austéritaires et néoliberales des gouvernements successifs et que cette casse de date pas d’hier. La crise sanitaire n’a fait donc que mettre en lumière l’état précaire dans lequel se retrouve ce système de santé et le ras-le-bol règne parmi le personnel soignant.

Des rassemblements sont appelés partout en France ce jeudi 10 juin, à Paris le rendez-vous est donné à 13h30 devant le Ministère de la Santé, et devant les Préfectures ou ARS des régions, en fonction des organisations locales. Tou.te.s les psychologues, étudiant.e.s en psychologie et enseignant.e.s-chercheurs.euses sont appelé.e.s à rejoindre les manifestations pour défendre leur profession.




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