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35€ de hausse du SMIC... contre 1,5 million d’augmentation pour les patrons du CAC40 en 2021 !

A partir du 1 octobre 2021, le SMIC connaitra une hausse de 35 euros par mois, afin de suivre la courbe de l’inflation. Une mince consolation, au regard de l’augmentation de 1,5 millions d’euros des salaires des patrons du CAC40.

mercredi 15 septembre

Crédits photo : AFP

Le SMIC augmentera au début du mois prochain : une nouvelle qui peut paraitre réjouissante au prime abord mais qui se révèle être une arnaque dès qu’on s’intéresse de plus près au sujet. En effet, un rapport INSEE sorti le 15 septembre 2021 révèle que « l’indice des prix à la consommation hors tabac des ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie (…) est en hausse de 2,2 % ». Cette progression étant supérieure à 2%, elle doit entrainer une hausse du salaire minimum comme il est prévu par le Code du Travail. L’énergie, les services et l’alimentation ont subi une hausse des prix par rapport à novembre 2020 : ceci demande une revalorisation des salaires des travailleurs à la même hauteur. Cette majoration causera une augmentation du SMIC mensuel de 35 euros, ce qui équivaudra à 1589 euros mensuels. Le SMIC horaire, quant à lui, passera de 10,25 à 10,48 euros.

Une hausse minime et méprisante surtout lorsqu’on la compare aux rémunérations des patrons du CAC40. La hausse de leurs revenus pour l’année 2021 est de 1,5 millions : les revenus annuels de ces dirigeantes d’entreprise sont alors de 5,3 millions d’euros en moyenne. Un patron du CAC40 gagne 778 fois le SMIC chaque mois. De même, les dirigeants des Next80 (les 80 entreprises qui n’ont pas eu accès au CAC40) profitent d’une augmentation encore plus nette : elle est de 3,2 millions d’euros.

C’est par le biais de pseudo luttes contre la crise climatique ou contre les inégalités de genre que ces hausses tentent d’être justifiées. Hervé Guez qui est directeur des gestions chez Mirova, une société de gestion, s’exprime sur le sujet : « Les indicateurs sur le climat ont fait leur apparition dans les politiques de rémunération des dirigeants en 2015, chez LVMH, Veolia ou Bouygues. En 2021, ce sont les critères sur la féminisation qui ont fleuri, note Bénédicte Hautefort. Un quart des dirigeants du CAC 40, de Stellantis à Safran, ont aujourd’hui un bonus dont une partie est liée à leur stratégie pour réduire les inégalités salariales hommes-femmes ou tendre vers la parité dans les instances dirigeantes. Et 67 % des dirigeants du CAC 40 ont au moins une condition sur le climat dans leur rémunération variable ». Il s’agit d’une réelle instrumentalisation des luttes écologistes et féministes, et cela porte un nom : le greenwashing et le pinkwashing.

L’écart qui continue de se creuser entre les salaires des travailleurs et celui des patrons montre encore une fois la division du système capitaliste entre deux classes. Les patrons, qui ont continué de s’enrichir pendant la crise sanitaire sur le dos des travailleurs tout en gagnant 778 fois de plus, sont remerciés par des mesures fictives pour le climat et pour les femmes. Pendant ce temps, les travailleurs qui étaient en première ligne pendant toute l’année 2020 reçoivent une hausse dérisoire de leurs salaires, qui équivaut juste à la hausse des prix due à l’inflation.




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