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Le combat continue

Acte IX à Montpellier. Détermination infaillible et première manifestation de femmes gilets jaunes

Ce samedi 12 janvier avait lieu la première manifestation de femmes gilets jaunes à Montpellier. L'appel a été largement suivi et si la première partie de la manifestation a été plutôt calme, la répression n'a pas tardé à s'abattre sur les manifestants.

lundi 14 janvier

Ce samedi à Montpellier s’est déroulé l’acte IX des Gilets jaunes qui a réuni dans la rue jusqu’à 3000 personnes. Un appel avait été lancé à 13h30 pour une manifestation de femmes gilets jaunes au départ de la mairie, et un autre point de rendez-vous était donné à 14h à la Comédie pour la manifestation habituelle. De plus, un appel à rejoindre la manifestation de Nîmes, en retour à la venue de nombreux gilets jaunes à Montpellier les semaines précédentes.

Le cortège de femmes gilets jaunes a été largement suivi, réunissant plus de 1500 personnes. La répression des derniers samedis n’a pas réussi à effacer la détermination et la colère des gilets jaunes. De nombreuses manifestantes expliquaient également qu’il était d’autant plus important pour elles de manifester dans ce cortège femmes gilets jaunes que les femmes sont les plus touchées par la précarité, beaucoup de femmes devant élever leurs enfants seules, etc.

Le parcours déclaré de la mairie jusqu’au Corum, en dehors du centre-ville et des zones d’activité commerciale, s’est déroulé sans provocation des forces de l’ordre. En revanche, une fois que le cortège à rejoint le centre-ville en se dirigeant vers la préfecture, l’arsenal répressif de la police s’est déployé dans la plus grande violence. Arrivé non loin du centre-ville, le cortège de femmes gilet jaune a fusionné avec celui qui s’était donné rendez-vous à la Comédie plus tôt. Des CRS bloquaient évidemment l’accès aux bâtiments mais ils bouchaient également les rues avec des barrières anti-émeutes, encore jamais vues à Montpellier depuis le début du mouvement des Gilets jaunes.

Lorsque le cortège a commencé à redescendre vers la place de la Comédie, un groupe de policiers de la BAC a tenté de procéder à des interpellations et des affrontements ont alors éclaté. Après un premier gazage, la foule s’est dispersée une première fois mais s’est rapidement restructurée une fois les effets du gaz dissipés. À partir de ce moment-là, les manifestants se sont fait gazer, charger et tirer dessus au flashball sans interruption jusqu’en bas de la rue entre la préfecture et la place de la Comédie.

En quelques minutes, la place de la Comédie s’est mise à ressembler à un véritable champ de bataille. Malgré tout, à chaque gazage, la masse des Gilets jaunes ne faiblissait pas et se restructurait rapidement pour continuer à faire face aux forces de l’ordre. Cependant, la place ne s’est pas vidée tout de suite et des affrontements ont continué à avoir lieu même après que la nuit soit tombée.

On a pu voir au cours de cette journée de manifestation que la police n’avait pas reculé d’un pas pour ce qui est de la répression et qu’on assiste peu à peu à une véritable militarisation de la police. Comme dit plus haut, les barrières anti-émeutes étaient sorties mais ce n’est pas tout. La BAC n’hésitait pas à tirer au flashball à bout portant sur les manifestants, ce qui a blessé plus ou moins gravement un certain nombre de manifestants. Par ailleurs les gaz utilisés n’avaient rien à voir avec les gazs habituels : ils provoquaient une suffocation instantanée, et dans certains cas des vomissements. Fort heureusement, certains blessés ont pu compter sur l’aide des « street medics », courageusement organisés et équipés pour soutenir sur le terrain les victimes des violences policières.

Malgré toute la répression et les violences subies au cours des dernières semaines, la détermination des Gilets jaunes reste intacte et leur volonté d’en découdre avec le gouvernement Macron reste inébranlable, même après 9 semaines de mobilisation. À Montpellier, le mouvement s’est doté d’une Assemblée Générale pour se structurer.

Crédit photo : Solène ARTAUD




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