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« Allumez-les ! » Aux Etats-Unis, la garde nationale impose le couvre-feu au paint-ball

L’assassinat de George Floyd lundi dernier a entrainé une vague de colère qui s’est répandue à tout le pays durant la semaine. L’ampleur de la mobilisation et de la détermination qui s’expriment chaque soir a mis en déroute les forces de police dans de nombreuses villes. Les Etats-Unis ont opté pour une répression féroce à travers le déploiement de la garde nationale qui applique le couvre-feu et sème la terreur dans les quartiers résidentiels.

lundi 1er juin

Les images sont choquantes. On y voit une colonne de la garde nationale déployée pour imposer le couvre-feu décrété il y a deux jours.

En l’occurrence, une famille africaine-américaine se trouvant sur le porche de sa maison, et qui filme la scène. « Allumez-les ! » crie alors un officier juste avant que les résidents soient visés par les tirs de paintball. Des boules de peinture très douloureuses et qui peuvent gravement blesser, d’autant plus lorsque tirées à si faible distance comme on le voit dans la vidéo.

Ces images témoignent de la répression féroce qui s’abat sur le pays depuis le 25 mai, date à laquelle George Floyd est mort entre les mains de la police à Minneapolis. En effet, aux manifestations et émeutes massives qui ont eu lieu dans tout le pays, le gouvernement et les Etats ont décidé de répondre par la violence dans les manifestations ainsi que le déploiement sans précédent de la Garde nationale. Dans l’Etat du Minnesota, le gouverneur Tim Walz a déclaré que cela n’avait pas eu lieu depuis 164 ans. En effet, la garde nationale a été déployée à Minneapolis et dans l’État du Minnesota suite aux nuits de violence qui ont durement mis en échec les force de police, par exemple forcée d’abandonner leur commissariat avant sa mise à feu.

Crédit : Brian Cassella / Chicago Tribune

Le Pentagone prévoit donc de déployer 10 000 soldats de la Garde nationale à Minneapolis en plus des 850 déjà mobilisés dans l’urgence. La garde nationale est un corps de réservistes de l’armée qui a connu ses heures les plus sombres en 1970 quand ses membres ont abattu quatre étudiants non armés de l’Université de Kent dans l’Ohio, qui protestaient contre la guerre du Vietnam. Rarement mobilisés dans l’histoire contemporaine des États-Unis, ceux-ci étant équipés d’armement militaire, l’ampleur actuelle du mouvement pousse ainsi le gouvernement de Trump à leur déploiement massif. C’est ainsi que l’administration centrale a même décidé de la mobilisation des militaires en service, fait inédit.

Le recours aux troupes fédérales pour répondre aux troubles intérieurs est rare. La dernière fois que la Gardes nationale a été déployée fut en 1992 après les révoltes de Los Angeles, suivant l’assassinat de Rodney King par cette même police raciste. Cependant, en 1992, la révolte s’était cantonnée à Los Angeles alors que ces dernières 24 heures, la Garde nationale a été déployée dans plus de 15 États, ainsi que dans la ville de Washington. Egalement, plus de 40 villes ont imposé un couvre-feu d’une ampleur inédite.

L’état de "désastre" a été déclaré à Dallas. À Chicago, le quartier des affaires a été fermé d’accès avec l’impressionnante levée des ponts. Dans le Minnesota, la garde nationale a fermé les routes d’accès entre St Paul et Minneapolis. Ces éléments témoignent du passage d’une gestion policière à une gestion militaire de la contestation qui a déjà fait de nombreuses victimes chez les manifestants.

Credit photo : Carlos Barria/Reuters ABC news

La criminalisation de la mobilisation par le gouvernement qui fustige l’extrême-gauche et les anarchistes vise à créer un « ennemi de l’intérieur ». L’expression de « terrorisme domestique » est de plus en plus utilisée par toute la classe politique américaine pour disqualifier la mobilisation. Trump a d’ailleurs déclaré que les Antifa seraient inscrits comme « organisation terroriste ». Une politique qui polarise grandement la population, avec des secteurs réactionnaires qui appellent à s’armer pour en découdre avec les manifestants.




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