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Société

Obsolescence programmée

Apple condamné...à hauteur d’une heure de son chiffre d’affaire

Etant l'objet d' une enquête pour « tromperie et obsolescence programmée » ouverte en 2018, le constructeur de smartphone Apple se retrouve contraint de payer une amende de 25 millions d'euros suite au rapport de la DGCCRF (Direction Générale de la Consommation, de la Concurrence et de la Répression des Fraudes). L'Italie avait déjà choisi de condamner la Pomme pour les mêmes raisons à une amende de 10 millions d'euros en 2018.

samedi 8 février

Une stratégie consciente de la bourgeoisie pour s’assurer des profits

Le modèle capitaliste étant ce qu’il est, les entreprises doivent pour survivre aux contradictions que le système engendre, chercher un moyen de garantir des débouchés afin d’écouler leur production. Cela passe par l’agrandissement de leurs parts de marchés à travers la conquête : la concurrence acharnée entre producteurs au sein d’un même pays, ou par l’impérialisme, en s’accaparant les marchés des autres pays du monde. Obsolescence programmée est une autre stratégie permettant aux capitalistes de se garantir des débouchés dans le temps en truffant leurs produits d’éléments facilement cassables, irremplaçables, ou en diminuant les performances de leurs logiciels, comme dans ce cas, où Apple avoue avoir réduit sciemment les capacités de leurs anciens appareils déjà sur le marché.

D’après la DGCCRF (Direction Générale de la Consommation, de la Concurrence et de la Répression des Fraudes), qui a mené l’enquête, « des détenteurs d’iPhone n’avaient pas été informés que les mises à jours du système d’exploitation iOS (10.2.1 et 11.2) qu’ils installaient étaient susceptibles de conduire à un ralentissement du fonctionnement de leur appareil ». À chaque mise à jour, Apple en profitait donc pour ralentir les anciens modèles afin d’inciter les acheteurs à les jeter et d’en acheter un neuf. Cela permet de garder les consommateurs captifs.

Le rôle de la justice bourgeoise face aux industriels

Cette condamnation est une « victoire historique » selon HOP (Halte à obsolescence Programmée), une petite association à l’initiative de l’ouverture de l’enquête préliminaire en 2018 contre Apple. Et pourtant, en y regardant de près, la condamnation semble ridicule. On réalise avec quelle frilosité la justice bourgeoise s’en prend aux monstrueux empires que forment les oligopoles du numérique. L’amende de 25 millions d’euros que devra verser Apple représente un peu moins que ce que l’entreprise génère en une heure (d’après son chiffre d’affaire annuel de 2019 estimé à 260 milliards). Cette « victoire » ne sert en fait qu’à cacher ce qu’est l’imposture de la justice bourgeoise lorsqu’il s’agit de condamner un industriel prospère. En effet les lois ne s’appliquent pas à tous de la même manière en fonction de la taille du portefeuille du prévenu.

En effet, une kyrielle d’accusations pleut sur les géants du numérique mais peu d’entre elles aboutissent à de réelles, ou du moins à de sévères sanctions prévues pourtant par la loi qui les protège déjà. Assurément, une justice hypocrite, qui organise elle-même la venue d’on ne sait combien de consultants, d’experts et de lobbyistes expérimentés mobilisés par les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) et autres géants industriels à défendre leurs intérêts.

[Photo AFP/ Anthony WALLACE]




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