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Politique

Justice de classe

Après seulement une semaine, Benalla et Crase sont sortis de prison

Le parquet général vient de l’annoncer, Alexandre Benalla et Vincent Crase ont obtenu leur remise en liberté. Après huit jours d’incarcération, le pouvoir judiciaire montre une fois encore que la justice n’est pas la même pour tous.

mardi 26 février

Crédit photo : AFP/Alain Jocard et Bertrand Guay

Alexandre Benalla et Vincent Crase étaient incarcérés depuis une semaine pour ne pas avoir respecté le contrôle judiciaire qui leur interdisait d’entrer en contact dans le cadre de l’enquête sur les violences du 1er mai. Après un premier recours de leurs avocats, via une procédure d’urgence, qui avait été rejeté vendredi par le président de la chambre de l’instruction, cette fois, c’est la chambre de l’instruction qui a statué sur cette nouvelle demande et a acceptée la remise en liberté d’Alexandre Benalla et Vincent Crase.

Les avocats de Benalla et Crase ont basé leur défense sur la légalité des enregistrements publiés par Mediapart. En effet, pendant 2 heures, les avocats ont contesté la légalité des enregistrements qui selon eux ne sont issus ni d’écoutes judiciaires, ni d’écoutes administratives. De plus, ils ont expliqué que les faits étaient connus de tous et donc les deux hommes n’avaient aucune raison de s’entretenir sur une version des faits alternatives.

Il faut rappeler que Benalla et Crase ont porté plainte pour « détention illicite d’appareils ou dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d’interceptions », « atteinte à l’intimité de la vie privée », « atteinte à la représentation de la personne » et « faux ». Depuis, c’est la Brigade criminelle qui enquête sur l’origine des écoutes en visant particulièrement Mediapart.

La justice a montré une fois de plus sa partialité. Les Gilets Jaunes ne bénéficient pas d’une telle clémence. Le 12 février, Édouard Philippe a indiqué que « depuis le début de ces événements, 1796 condamnations ont été prononcées par la justice et 1482 personnes sont encore en attente de jugement. Plus de 1300 personnes ont été jugées en comparution immédiate et 316 personnes ont été placées sous mandat de dépôt. » Si un manifestant ne respecte pas son contrôle judiciaire, les juges n’hésiteront pas un instant à l’incarcérer. Lorsque l’on est un proche collaborateur du président et qu’on tabasse des manifestants, la justice est visiblement plus clémente. Il a fallu attendre 10 mois pour que Benalla et Crase fassent l’expérience de l’univers carcéral (dans des cellules individuelles et équipées…) et cela n’aura duré qu’une semaine.




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