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Politique

Bipolarisation RN / LREM : rien de bon pour le monde du travail

Pour ces élections européennes 2019, c’est une fausse bipolarisation qui l’a emportée entre, d’un côté, le Rassemblement National, et LREM, de l’autre, sur fond d’effondrement des partis traditionnels Les Républicains / Parti Socialiste et d’un sérieux revers pour La France Insoumise.

dimanche 26 mai

La remobilisation tant réclamée par Macron, qui est descendu dans l’arène électorale contrevenant ainsi aux règles en vigueur sous la Cinquième République, aura bien eu lieu. Pourtant, cette remobilisation s’est faite contre Macron qui a certes récupéré, sur sa droite, des électeurs venant de LR, mais a perdu sur sa gauche au profit de ELLV. Cette mobilisation a finalement surtout profité au Rassemblement National de Marine Le Pen. Et cette bipolarité ne représente en rien une alternative pour le monde du travail, la jeunesse et les classes populaires.

Il y a eu l’alternance droite gauche (RPR/PS) puis (UMP /PS) qui a mené la même politique néo-libérale pendant plus de 30 ans. Le bipartisme qui s’annonce est tout aussi fonctionnel au système et hostile au monde du travail. Il suffit pour cela de regarder ce qui se passe de l’autre côté des Alpes, en Italie. Quand l’extrême droite, en la personne de Matteo Salvini, est au gouvernement, elle est anti-establishment en parole mais poursuit dans les faits la politique néolibérale mise en œuvre par le Parti démocrate au cours de la période précédente.

Entre un néolibéralisme à la sauce mondialiste ou un néolibéralisme à la sauce nationale matinée de populisme compassionnel, la jeunesse, les classes populaires et le monde du travail n’ont rien à gagner. L’affrontement RN / LREM a phagocyté les élections, mais c’est une fausse opposition qui s’est rejouée dans la suite des élections présidentielles.

Comme en 2017, en revanche, c’est bien une crise profonde de la politique traditionnelle qui s’est exprimée ce soir, avec un score de la droite classique et des sociaux-démocrates sous la barre des 10% (LR 8 %, PS et alliés 6,2 %). Les écologistes tirent profit de cette situation en récoltant plus de 12 % des suffrages exprimés, sur la base d’un discours attrape-tout, tantôt antisystème, tantôt en faveur d’un capitalisme vert, mais surtout sur fond de mobilisation européenne de la jeunesse contre la catastrophe climatique en cours (capitalisant en partie au détriment de LFI).

A la gauche du PS, La France Insoumise subit un dur revers, payant au prix cher ses contradictions et ambiguïtés programmatiques et politiques par rapport à la question européenne, à la place de la gauche dans la proposition politique que prétend incarner Mélenchon. Entre tentation chauvine et velléités populistes, le discours de Jean-Luc Mélenchon et de Manon Aubry n’a pas fait mouche.

A l’échelle européenne, avec des différences d’un pays à l’autre, c’est la même tendance qui s’exprime. Sur fond d’effondrement ou de recul des partis traditionnels, un renforcement relatif du populisme de droite et d’extrême droite (stagnation en Allemagne, recul au Danemark et en Autriche, à la peine en Espagne), le néo-réformisme (Syriza, Podemos, LFI) ne représente ni un rempart ni une arme pour construire une alternative du monde du travail et des classes populaires à la hauteur des enjeux de la crise économique et politique que traverse le continent. Cette alternative, pour une Europe socialiste des travailleurs et des peuples, se construira dans le cours des luttes actuelles et futures, dans la rue et sur les lieux de travail.




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