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Jeunesse

Précarité étudiante

Bordeaux. « +85% d’étudiants bénéficient d’aide alimentaire depuis septembre »

Tous les mardis, plus de 500 étudiants font la queue devant une distribution alimentaire tenue par l’association Linkee dans le centre de Bordeaux. Une file d'attente de plus de 300 mètres qui démontre une précarité étudiante bien présente et en augmentation.

mercredi 23 novembre

Photo : AFP

Ce mardi, l’association Linkee a de nouveau organisé une distribution alimentaire dans le centre-ville de Bordeaux. Plus de 500 étudiants s’y sont rendus, en faisant la queue sous la pluie pendant près d’une heure pour certains. Ces distributions ont lieu deux fois par semaine, dans le centre de la ville et à Talence, plus près des villages universitaires.

Se rendant chaque semaine à la distribution, Val témoignage à notre micro que face à l’augmentation des prix « je ne m’en sors pas et mes parents ne peuvent pas m’aider pour ma vie étudiante ». Deux autres étudiants nous racontent bénéficier deux fois par semaine de distributions alimentaires car « l’inflation c’est trop compliqué sans ça », « l’alimentation est très chère ici et les distributions m’aident beaucoup. »

Luis Jueguard, président de l’association, explique à notre micro que le taux d’étudiants bénéficiaires de ces distributions aurait augmenté de 85% depuis le mois de septembre. Ce chiffre alarmant suit en réalité la hausse de l’inflation en France et démontre que ce sont les couches les plus précaires de la société qui sont touchées, dont font partis les étudiants.

Luis nous explique également que l’association Linkee avait réalisé une enquête auprès de 4000 étudiants en 2022. L’enquête révélait que 2 étudiants sur 30 devaient vivre avec seulement 50€ par mois une fois tous les frais payés. Sur cet échantillon, 97% déclarent réduire voire sauter des repas, faisant parfois l’impasse sur leur propre santé pour pouvoir s’en sortir économiquement.

Dans la file qui s’étend sur plus de 300 mètres, sous la pluie, plusieurs étudiants nous confient avoir dû commencer à travailler pour tenter d’arrondir les fins de mois. À ce propos, Pandora nous explique que ses parents l’aident « à hauteur de 300 € par mois. 200€ partent pour le loyer et il [lui] reste seulement 100 euros pour la vie de tous les jours. J’essaye donc de travailler à côté en intérim pour arrondir les fins de mois mais c’est compliqué avec l’emploi du temps chargé des cours. » Une situation similaire pour Milan, qui, si ses parents lui payent le loyer, est contrainte de travailler 4 jours par semaine lui empêchant d’assister à certains cours.

Ces témoignages le démontrent, la précarité étudiante touche des franges de plus en plus larges de la jeunesse qui ne mange pas à sa faim, est contrainte de travailler pour se nourrir et d’avoir recours aux distributions alimentaires. Face à cela, les mesures du gouvernement si elles ne sont pas cosmétiques sont largement insuffisante. Les 10 millions d’euros débloqués par le gouvernement pour les associations d’aide alimentaire aux étudiants et le financement de 300 000 colis ne peut se suffire alors que l’inflation va continuer à grimper et que plus de la moitié des étudiants travaillent à côté de leurs études.

Alors qu’à côté de cette précarité accrue, les ultras riches connaissent l’abondance, il est urgent d’indexer sur l’inflation et d’augmenter les salaires et les bourses pour que chacun puisse vivre dignement. De plus, un revenu étudiant à hauteur du SMIC financé par les grandes fortunes et le patronat doit être mis en place pour que plus personne n’ait à choisir entre manger et étudier, et en finir avec la misère étudiante.

Pour cela, la jeunesse estudiantine et travailleuse doit s’organiser collectivement sur ses lieux d’études, de vie et de travail afin d’arracher ces revendications à un gouvernement qui ne voudra pas aller plus loin et ne répondra pas en profondeur à cette situation.



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