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Bordeaux. A Sciences Po, 150 personnes pour assister à la présentation de la liste Poutou

Avec 150 personnes présentes, la réunion publique de la liste Bordeaux en Luttes à Sciences Po a été un succès. Retour sur la discussion.

mercredi 26 février

Qui dit école d’élite ne dit pas forcément culture de droite et libérale. La preuve, ce mercredi soir, 150 personnes étaient présentes pour accueillir les militants de la liste Bordeaux en Luttes, menée par Philippe Poutou, dans les travées de Sciences Po. Cette réussite est à l’image de la dynamique sociale de la campagne, principalement jeune et ouvrière. D’après les enquêtes, 24% des jeunes de 18-25 ans et des employés/ouvriers ont l’intention de mettre un bulletin Bordeaux en Luttes dans l’urne.

Philippe Poutou a introduit la réunion en insistant sur la dynamique de la campagne : avec 12% dans les sondages, la liste Bordeaux en Luttes est annoncée au second tour, devant la liste du candidat LREM. Cette poussée de la liste anticapitaliste pourrait apparaître contradictoire dans une ville réputée de droite et bourgeoise. Mais, comme le souligne avec humour Philippe Poutou, une ville entièrement bourgeoise ne pourrait pas exister « car ils n’auraient personne pour travailler à leur service ». C’est la voix des travailleurs et des classes populaires que souhaite faire entendre cette liste, « la colère sociale » et « la révolte contre le capitalisme ». La lutte des classes, conclut le militant du NPA, ce n’est pas seulement dans les usines, mais aussi dans la ville et les élections, qui l’opposent précisément à trois principaux candidats qui représentent tous à leur manière la bourgeoisie bordelaise.

Elisa, étudiante, est ensuite intervenue pour présenter le programme de la liste sur les thématiques de l’écologie et des discriminations. « L’écologie ne peut pas se limiter à des petits gestes » lance-t-elle d’emblée, refusant un discours qui cherche à faire payer la crise aux plus pauvres et cache la responsabilité des grands groupes capitalistes. Ce sont bien « les industries et les grands patrons qui ont la main mise sur la production et l’ensemble des travailleurs qui sont obligés de participer à tout cela ». Elle propose alors la gratuité des transports en commun, pour mettre fin au racket qui pèse sur les plus précaires, l’interdiction des pesticides qui polluent l’air de la ville et la fin de l’accostage des paquebots de croisière luxueux qui polluent et exploitent les gens qui y travaillent. Celle-ci est également revenue sur la question de la discrimination, en dénonçant la politique de « pink-washing » de la municipalité, qui organise des journées de sensibilisation qui cachent sa politique de répression envers le mouvement féministe et LGBT dans les manifestations.

Enfin, Petra, étudiante de 19 ans, membre du NPA et de Révolution Permanente, est intervenue sur la question de la jeunesse. « Notre préoccupation, ce n’est pas de faire des promesses en l’air, mais de se faire les porte-voix de la colère et des souffrances que vivent la population », en particulier sur la question de la précarité étudiante. Alors que de nombreux jeunes ne parviennent pas à se loger, la liste propose la réquisition des 22.000 logements vides sur la métropole, qui démontrent que l’on pourrait loger tout le monde si l’on s’attaque aux grands spéculateurs fonciers. La jeune militante a également abordé la question de l’université et de l’ensemble des contre-réformes qui cherchent à la mettre toujours plus au service des capitalistes, en citant les représentants des grandes entreprises qui siègent dans les conseils des universités bordelaises. « Au niveau de Bordeaux en Luttes, on a été aux côtés des Gilets, dans la bataille contre la réforme des retraites et on veut porter la perspective de militer et de combattre pour notre avenir » lance la jeune militante, racontant l’expérience de l’occupation de la fac de Bordeaux Victoire au mois de décembre dernier, qui est devenue un QG d’organisation de la lutte contre la réforme des retraites.

Les prises de parole ont été suivies d’une séance de discussion et de questions qui ont permis d’aborder différents points du programme. Au cœur des interrogations de cette jeunesse qui veut voter Poutou, la question de l’alliance avec la liste du candidat EELV, Hurmic, et la pertinence de se présenter aux élections quand on est contre le système capitaliste. Philippe Poutou a conclu sur l’impossibilité de faire alliance avec une « gauche » qui a participé à la cogestion de la métropole avec la droite. L’ancien candidat aux présidentielles a rappelé la logique de la liste Bordeaux en Luttes, qui ne fait pas juste de fausses promesses, mais appelle à construire un rapport de forces par la lutte, sans lequel on ne pourra proposer de perspectives crédibles pour ce programme qui rompt avec le cadre des institutions existantes.




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