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Crise sociale dans l'aéronautique

British Airways. 270 pilotes menacés de licenciement avec la complicité des syndicats

La crise qui touche le secteur de l'aviation affecte la compagnie britannique British Airways. Le groupe cherche à licencier 270 pilotes et peut compter sur la complicité des syndicats de pilotes pour faire payer la crise aux travailleurs.

jeudi 23 juillet

Crédits photo : AFP

« Intransigeance », c’est le terme qu’emploie la Balpa (British Airline Pilots Association), le syndicat de pilote de British Airways pour dénoncer la fermeté avec laquelle la direction de la compagnie aérienne britannique mène les négociations du plan de licenciement massif qu’elle s’apprête à mettre en œuvre face à la crise que l’épidémie de Covid-19 a généré dans le secteur du transport aérien. En effet, le transporteur agite depuis des mois la menace du licenciement de 1255 pilotes sur 4300 et d’un abaissement des conditions d’emploi pour ré-embaucher à des tarifs inférieurs et avec moins d’avantages. Le retrait de la flotte britannique, la semaine dernière, des 31 Boeing 747 qu’elle comporte explique cette volonté brutale de réduires les effectifs. En effet, la compagnie a bien précisé qu’« il est peu probable que notre magnifique ’reine du ciel’ (le Boeing 747) soit exploitée de nouveau par British Airways compte tenu de la diminution des déplacements causée par la pandémie mondiale de Covid-19 ».

Nous pourrions ajouter le terme « complicité » pour qualifier l’attitude du syndicat des pilotes anglais tant les contorsions sont grandes parmis les représentants syndicaux pour ne pas froisser la direction et faire les bons élèves face à une compagnie bien décidée à faire payer la crise aux travailleurs. En effet, au total, British Airways, filiale du groupe IAG, fusion de la compagnie anglaise et de la compagnie espagnole Iberia, entend procéder à 12 000 licenciement secs pour affronter les temps difficiles de la baisse du trafic aérien. C’est dire sa volonté de saigner à blanc les salariés pour sauvegarder à tout prix ses profits.

Parmi les conditions que British Airways souhaite imposer à ses pilotes, on retrouve les grands classiques du genre : travail à temps partiel, plan de départ volontaire, des baisses de salaires de l’ordre de 20% et une réserve de pilotes avec des salaires réduit tant que la demande de vols n’aura pas repris. Mais toucher aux profits du groupe ou aux dividendes des actionnaires, il n’en est jamais question.

À cela, la Balpa répond par des négociations depuis des mois. Elle vient même de lancer une large consultations auprès des pilotes pour entériner son projet d’accepter les 20% de baisses de salaire et 270 licenciements secs. Le syndicat déplore que le dialogue social n’ai pas été possible avec la direction : « Il est immensément décevant que pendant nos longues négociations British Airways n’ait pas accepté toutes nos propositions (...) qui auraient permis d’éviter toute perte d’emploi directe et sans coût pour British Airways  ». De son côté, le direction de IAG se félicite de l’accord que la Balpa va bientôt signer...

En cette période de crise économique grandissante, dans laquelle le secteur aérien est fortement touché (70 000 emplois sont menacés d’ici trois mois au Royaume-Uni), le dialogue social et la négociation loyale ne sont plus à l’ordre du jour n’en déplaise à la Balpa qui pense encore que des concessions peuvent être arrachées auprès de groupe qui ne pensent qu’à une seule chose : défendre leurs profits avant les vies des travailleurs.




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