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Monde

Bruxelles. La police charge à cheval des jeunes pour réprimer un rassemblement festif

Ce jeudi après-midi, 2 000 personnes se sont rassemblées dans un parc de Bruxelles, pour une « boum » festive. Très vite, un énorme dispositif policier a tenté de disperser la foule. Des images violentes circulent, avec des policiers sur leur chevaux jetant des grenades lacrymogènes.

vendredi 2 avril

Crédits photo : FRANCOIS WALSCHAERTS / AFP

Tout est parti d’une blague sur les réseaux sociaux pour le 1er avril. Un évènement Facebook appelait à une grande « Boum » dans le bois de la Cambre à Bruxelles, qui annonçait « une fiesta sans précédent dans l’histoire de la scène européenne ». Finalement, ce canular s’est transformé en rassemblement festif pour contester les mesures restrictives de confinement. Et ce sont alors 2 000 bruxellois qui se sont réunis ce jeudi après-midi pour faire la fête.

Le rassemblement avait été interdit au préalable par le parquet de Bruxelles, qui menaçait mercredi dernier que les participants s’exposaient à des poursuites judiciaires en raison des restrictions sanitaires.

A partir de 17 heures, un énorme dispositif policier est arrivé sur les lieux de la fête pour disperser les participants. Sur les réseaux sociaux, des centaines de vidéos montrent la répression impressionnante qu’ont subie les participants de « la Boum ». Les images nous rappellent une répression « digne » de celle qu’on connaît dans les mouvement sociaux.

Canons à eau, gaz lacrymogènes, charge à cheval, la police n’a pas hésité à charger violemment la fête. Marin Driguez pour Libération raconte « C’était super violent et assez flippant, beaucoup de gens se font fait rentrer dedans par des chevaux, d’autres ont été piétinés. » Les manifestants, en colère et déterminés à rester, ont lancé des projectiles sur la police, contrainte de reculer. Les altercations ont donc duré jusque tard dans la nuit. Ce vendredi soir, un autre rassemblement est appelé suite à cette « boum » qui a tourné en émeute, cette fois revendiquant clairement le « droit de nous réunir entre citoyens informés et libres ».

Ce n’est pas sans nous rappeller l’évacuation de la rave-party de Bretagne cet hiver, qui a fait 1200 verbalisations et qui condamne les organisateurs à de la prison ferme, ce qui avait provoqué une énorme colère et plusieurs manifestations à travers la France.

Même si la « Boum » de Bruxelles n’était pas une manifestation politique revendiquée comme telle, ce n’est pas anodin que cela survienne une semaine après les annonces du gouvernement, renforçant les mesures sanitaires. En effet, samedi dernier, la Belgique fermait ses commerces, et limitait les rassemblements à quatre personnes. Cette grande fête, mais aussi la détermination des fêtards à faire reculer la police, témoigne d’une grande colère et d’un ras-le-bol général face à des mesures restrictives et autoritaires qui s’accumulent, tandis qu’aucune mesure sanitaire à la hauteur de la situation ne semble être prise par les gouvernements. La situation est comparable en France, avec un troisième confinement annoncé mercredi soir par Macron qui continue dans sa stratégie qui ne mène à rien à part à la catastrophe.

Il faut en finir avec ces mesures autoritaires, qui nous coupent de toute vie sociale, de tout loisir et de toute culture, tandis qu’on s’entasse encore dans les transports en commun. La solution à cette crise sanitaire n’est pas des couvre-feux et confinements incessants, mais de mettre des moyens massifs dans la santé, financés par les grandes fortunes.




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