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Politique

Crise sanitaire

Un an après, une épidémie hors de contrôle : aucune confiance en Macron, prenons nos affaires en main !

Ce mercredi, Macron prenait la parole pour la huitième fois depuis le début de l’épidémie. Si la situation sanitaire est toujours plus grave, force est de constater que derrière les effets d’annonce sur les écoles et l'extension des mesures restrictives, il persiste et signe dans sa stratégie qui a conduit à la catastrophe. Prenons nos affaires en mains !

mercredi 31 mars

Alors que les chiffres de l’épidémie continuent de s’envoler en France et que la barre des 5000 personnes en réanimation a été passée hier, surpassant ainsi le pic de la deuxième vague, c’est sur fond d’une situation critique qu’Emmanuel Macron prenait la parole hier. Une prise de parole d’autant plus attendue que la situation signe l’échec de la « troisième voie » de Macron qui n’aura eu quasiment aucun impact sur l’épidémie, comme le soulignait hier Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Tenon, sur France Info.

Pourtant, pas de quoi ébranler Macron qui a tenu un discours dans la stricte continuité de son refus du moindre « mea culpa » après le « pari » raté de janvier dernier. Niant la situation, le chef de l’Etat a insisté sur l’idée que l’épidémie était restée « maîtrisée », « sous contrôle » et sur le refus de « céder à la panique ». Pire, dans une comparaison superficielle avec les autres pays, il a revendiqué avoir eu « raison » dans sa stratégie et permis de gagner « des jours précieux de liberté ».

Cependant, malgré la volonté de garder la face, c’est l’échec de la stratégie sanitaire qui transparait. Au point que, sans céder à la "panique" ou au "déni", le chef de l’État a dû se résoudre à annoncer plusieurs mesures, qui ont toutes en commun de reposer sur l’abnégation des travailleurs à moyen constant. Aux soignants, Macron a ainsi demandé des « efforts supplémentaires » pour augmenter les places en réanimation, promettant des renforts par la mobilisation de bénévoles retraités ou étudiants. En complément, il a choisi d’étendre ses « mesures de freinage » à l’ensemble du territoire alors qu’elles ont démontré leur inefficacité dans les départements où elles ont déjà été appliquées.

Mais c’est sur le terrain de l’école qu’Emmanuel Macron a voulu mettre en scène un volontarisme qui accouche d’une souris. Ainsi, les crèches, écoles, collèges et lycées fermeront la semaine prochaine et les cours s’y tiendront en distanciel, puis l’ensemble des établissements seront en vacances. A l’issue de ces vacances, les maternelles et primaires reprendront les cours normalement, garderie du MEDEF oblige, et seront rejoints une semaine après par les collèges et lycées.

En clair, une semaine sans école en profitant des vacances pour réduire les contacts entre élèves, et puis retour au business as usual. Alors que ces derniers jours les professeurs ont multiplié les droits de retrait pour alerter sur l’absence de protocole sanitaire à la hauteur dans les écoles transformées en foyer épidémique XXL, Macron a préféré les fermer plutôt que de répondre à leurs revendications pour plus de moyens humains, financiers et sanitaires dans les établissements scolaires. Il n’a évidemment pas promis le moindre centime pour les travailleurs de l’éducation. Pas plus d’ailleurs que pour les soignants ou pour les étudiants qui, une fois de plus, feront les frais de sa gestion catastrophique.

En guise de perspectives, Macron a surjoué le triomphalisme de la campagne de vaccin. Alors que celle-ci patine, même en ce qui concerne les publics autorisés à se faire vacciner, le Président a promis des objectifs ambitieux et … un nouveau numéro spécial ! « Vacciner sans répit » a réaffirmé Macron, mais surtout sans moyens et sans doses ! Et là encore les travailleurs semblent être les grands absents, à l’instar des profs alors même qu’ils seront très rapidement de retour au charbon, dans les clusters que sont les établissements scolaires.

En définitive, si Macron, en prenant la parole en personne, a souhaité mettre en scène la mise en place de mesures difficiles, il ne reste derrière les effets d’annonce qu’une continuité totale d’une stratégie qui nous a mené à chaque fois à la catastrophe. Une situation à laquelle il faut opposer notre auto-organisation et nos luttes pour imposer des mesures sanitaires et des moyens à la hauteur, dans les établissements scolaires ou les entreprises. Un premier pas pour, plus largement, reprendre le contrôle d’un combat contre l’épidémie que les classes dominantes entravent par leur obsession du profit, comme c’est le cas sur le terrain de la vaccination et de l’hôpital public.




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