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Notre classe

En grève pour les salaires

Cahors-Pommier : les grévistes envahissent le bureau du directeur du site !

En grève depuis le 24 mai pour une augmentation des salaires, les salariés de l’usine Cahors-Pommier à Bagnères-de-Bigorre ont envahi le bureau du directeur du site. Une action coup de poing des travailleurs, que leur direction refuse de recevoir, et qui n’ont obtenu aucune augmentation de salaire malgré l’inflation !

mercredi 13 juillet

Crédit Photo : Twitter @SalarieP

Le 24 mai dernier sur le site de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), les travailleurs de Pommier (branche du groupe Cahors) dans le secteur de la conception, l’assemblage et le test de cellules de moyenne tension pour l’industrie automobile et le secteur de l’énergie, se sont mis en grève après des NAO qui n’ont donné aucune augmentation des salaires.

C’est ce qu’a expliqué Aurélien Leroy, délégué syndical CGT, dont les propos sont relatés par le journal La Dépêche du Midi : "Suite à une réunion NAO et une fin de non-recevoir de la part de notre direction pour une augmentation des salaires, les salariés ont décidé de se mettre en grève".

Par cette grève, les salariés dénoncent également leurs conditions de travail qui se dégradent : “Après plusieurs années durant lesquelles nous avons fait le dos rond en appliquant et en subissant la politique de la direction, le résultat est là avec une diminution de 50 % du personnel, une augmentation de la charge de travail, la dégradation des conditions de travail, l’augmentation des situations de surmenage et de burn-out, le manque de stratégie industrielle à moyen et long terme et aucun retour de la direction à nos sollicitations. Nous avons décidé d’un mouvement de grève”. La reconduction de la grève avait été votée en assemblée générale par la quasi-totalité des 67 travailleurs du site y participaient.

Ainsi, depuis plus d’un mois, les travailleurs du site demandent de nouvelles négociations pour repartager les bénéfices réalisés par l’entreprise, qui est aujourd’hui en positif, mais posent aussi des revendications sur les conditions et la répartition du temps de travail. “Nous demandons une augmentation générale de 5 % pour l’ensemble des salariés et une augmentation individuelle au minimum de 3 % tous les 3 ans. Pour les cadres, une part variable à 100 % des objectifs individuels, une revalorisation de l’indemnité transport, des paniers repas, de la prime de nuit, des coefficients, la prime Macron pour tous les salariés, la semaine à quatre jours, l’embauche de personnels, la récupération de la prime vacances, de fin d’année, de la médaille du travail”. Cependant, malgré les appels des grévistes à négocier avec le patron, la direction fait la sourde oreille : depuis le début de la grève, aucune rencontre n’a eu lieu. “Nous, on veut sortir de la crise. Nous avons envoyé un mail au PDG pour l’informer de notre volonté de négocier mais, en réponse, nous n’avons eu que du mépris puisqu’il n’a pas daigné donner suite”, explique Aurélien.

C’est pour cela que les grévistes ont décidé de construire un rapport de force plus important avec une action coup de poing en envahissant le bureau du directeur du site ce mardi 12 juillet. Une vingtaine de personnes s’y sont rassemblées pour mettre la pression à la direction afin d’enfin obtenir de nouvelles négociations. Une action qui témoigne de la radicalité de cette grève, qui dure depuis plus d’un mois, mais aussi la détermination des grévistes du site qui n’ont pas dit leur dernier mot. La direction, qui dit “comprendre” les grévistes, tout en prétendant n’avoir « aucun pouvoir », n’a pas hésité à recourir à des intérimaires engagés par le PDG du groupe pour casser la grève et faire assurer les livraisons, en dépit de toutes mesures de sécurité.

Dans un contexte où l’inflation devrait dépasser les 7 % d’ici la fin de l’année, la radicalité de cette grève illustre la combattivité de secteurs du monde du travail, qui voient leur salaire réel baisser tandis que leurs entreprises, elles, continuent d’être bénéficiaires et de faire des profits, qui atteignent des records dans certains secteurs. Le secteur automobile, dont le groupe Pommier-Cahors est l’un des sous-traitants, a ainsi réalisé d’impressionnants profits en 2021, en dépit de la pandémie.

Nous apportons notre soutien aux grévistes de l’usine de Bagnères-de-Bigorre et vous invitons à participer à la caisse de grève en ligne pour leur permettre de continuer leur grève et de faire grandir le rapport de force face au mépris de leur direction.

Pour nous soutenir, c’est par ici !



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