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Politique

Propagande anti-grève

Chouquettes, Japon, Brigitte Macron : les médias dominants carburent pour défendre la réforme

Pour L’Opinion la réforme du gouvernement est « indispensable ». BFM TV rappelle que les japonais refusent de partir à la retraite avant 70 ans. A La Rochelle, un boulanger va devoir arrêter de vendre ses chouquettes si les français font grève le 19… Dans les médias aussi, la bataille des retraites est lancée. Et le côté de la barricade qu’ils ont choisi est évident !

lundi 16 janvier

Crédits photo : capture d’écran de BFMTV

Si 80% des français sont opposés à la réforme des retraites, que 79% s’attendent à une explosion sociale de type gilets jaunes et 52% la désirent, chez les éditorialistes des chaines d’information c’est une toute autre chanson. Depuis mardi, les médias dominants, appartenant à de grandes fortunes telles que Bernard Arnault, Patrick Drahi ou Vincent Bolloré, essaient de convaincre par tous les moyens de la nécessité et de l’inévitabilité de la réforme.

Chez BFM TV (appartient à Patrick Drahi), la reporter Églantine Despres visitait ainsi ce week-end une boulangerie du coin à la Rochelle pour alerter sur ses potentielles pertes de recettes face aux grèves de transport. Le boulanger ne pourra plus vendre ses chocolatines, travaillons jusqu’à 67 ans !

Sur BFM TV encore, jeudi dernier, Bruce Toussaint et Ashley Chevalier offraient l’exemple inspirant du Japon avec ses séniors qui refusent de partir à la retraite et travaillent jusqu’à 70 ans. Si seulement les français pouvaient avoir autant de motivation.

Sur TF1 (propriété de la famille Bouygues), on donnait la veille de l’annonce de la réforme le micro à Brigitte Macron, qui n’a pas de poste officiel dans le gouvernement, qui n’est pas non plus spécialiste de la question des retraites, mais qui est la compagne de Macron. Sa mère et sa tante n’étaient pas dispos. 

Ce lundi, Europe 1 (propriété de Vincent Bolloré) agite la menace des grèves dans les raffineries qui font déjà allonger les files d’attente aux stations essence et risquent de créer des pénuries : « Personne ne veut revivre les difficultés qu’on a connu à la pompe en octobre dernier ! », insistent les journalistes. Alors qu’on rêve tous de travailler jusqu’à 64 ans.

Encore sur BFM, on donne la parole à un petit commerçant toulousain, Antoine Nori. Un invité régulier des médias. Celui-ci défend que la France est « un pays des enfants gâtés », « qu’il va falloir travailler plus », que la réforme des retraites est « inévitable ». Antoine Nori est non seulement le président des commerçants de la place Victor Hugo à Toulouse mais aussi un héritier de César Nori qui a ouvert sa boutique de luxe spécialiste en cuir en 1955. Antoine a hérité mais c’est nous qui sommes des enfants gâtés qui allons devoir travailler plus.

Quelques jours après l’annonce de la réforme, les médias dominants font déjà bloc pour défendre les réformes antisociales du gouvernement. Une tentative de nous diviser, en opposant les raffineurs et les automobilistes, les travailleurs des transports et les boulangers, etc etc. Les ficelles sont connues, comme leur insistance sur l’inévitabilité de la réforme, en montrant l’exemple d’autres pays où les mouvements ouvriers ont perdu la bataille contre la réforme des retraites, ou la parole accordée aux représentants du gouvernement sans jamais remettre en question leur argumentaire bidon. 

Loin de la « neutralité » journalistique auxquels ils prétendent, il faut rappeler que ces gros médias appartiennent aux grands capitalistes et véhiculent l’idéologie de cette classe. En défendant la réforme des retraites et ses conséquences dévastatrices pour la classe ouvrière, ils servent ainsi bien leurs propriétaires, martelant au quotidien que ce n’est pas à eux de payer nos retraites mais à nous de travailler jusqu’à nos tombes… 

Si les médias bourgeois souhaitent empêcher la mobilisation, Révolution Permanente appelle au contraire à se mobiliser massivement contre la réforme des retraites dès le 19 janvier. Les syndicats CGT du pétrole ont appelé jeudi à un plan de grèves crescendo : une grève de 24h le 19 janvier, de 48h à partir du 26 janvier, de 72h à partir du 6 février qui permette de construire une grève reconductible. Une annonce qui a suffi à polariser les principaux médias et à obliger le gouvernement à s’exprimer pour dénoncer cette possibilité. Et si on suivait l’exemple des raffineurs ?

Canal Telegram : @revolution_permanente


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