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Révolte historique

Colombie. Grande journée de mobilisation contre les violences policières

Ce lundi 21 septembre, des milliers de jeunes se sont mobilisés dans plusieurs villes de Colombie contre les violences policières, dans la continuité du mouvement qui a débuté le 9 septembre dernier après la diffusion de la vidéo du meurtre de Javier Ordoñez par la police.

mardi 22 septembre

Article initialement publié en espagnol sur La Izquierda Diario.

Le pays vient de vivre une semaine de bouleversements sociaux qui a débuté le 9 septembre (comme nous l’écrivions ici), après le meurtre brutal de Javier Ordóñez par la police, mort dans une clinique de Bogotá après avoir reçu plusieurs décharge laser lors de son arrestation et avoir été sévèrement battu à l’intérieur du commissariat.

À Bogotá, dans un pays en crise profonde, alors que les conditions économiques et sociales du pays sont désastreuses, ce sont des dizaines de milliers de personnes qui se sont mobilisées en manifestant et bloquant les routes du pays contre la répression et la violence policières, lors de la journée de lutte nationale du 21 septembre.

Des milliers de jeunes ont une nouvelle fois manifesté leur colère contre l’impunité et la violence des forces de répression montrant la colère qui s’est accumulée dans le pays depuis un certain temps.

Iván Duque, président de Colombie, a ouvertement soutenu les forces de répression qui, en plus des gaz, des balles en caoutchouc, des coups, des arrestations et des bombes assourdissantes, ont tiré à balles réelles sur les manifestants, tuant 13 jeunes depuis le début du mouvement.

Son gouvernement n’a d’ailleurs pas cessé de renouveler son soutien aux policiers, en garantissant leur impunité et en les encourageant à réprimer d’avantage, comme on peut le voir dans un tweet du ministre de la Défense Carlos Holmes Trujillo : « Des vandales détruisent et pénètrent violemment dans une entité financière au centre de Bogota, ce qui oblige l’intervention de la Esmad [l’équivalent des brigades anti-émeutes] pour rétablir l’ordre ».

Pour sa part, la maire de la ville, qui tente de donner une image progressiste et se dit opposée à l’usage de la force dans les manifestations, a justifié la répression en précisant que son gouvernement « respecte la mobilisation pacifique, mais n’admet aucun acte de vandalisme ou de violence ». Elle a d’ailleurs profité d’images de la manifestation montrant des personnes masquées pour légitimer l’intervention des brigades anti-émeutes, qui en plus des gaz, ont interpelé des manifestants.

Claudia López Hernández, du parti Alianza Verde (écologiste), qui a pris ses fonctions de maire dans la capitale colombienne en janvier dernier année, est un élément actif de la grande campagne visant à diviser les manifestants entre "violents" et "pacifiques", bien qu’elle soit une opposante au gouvernement néolibéral et répressif d’Iván Duque.

A Cali le maire Jorge Iván Ospina, également de Alianza Verde, a lui aussi tenter de détourner le mouvement en promouvant une marche "Pour la vie", alors que la radicalité des jeunes est bien au-deçà et avait très clairement été exprimé lors des émeutes devant des dizaines de postes de police suite au meurtre de Javier Ordoñez.

Ces tentatives de cooptation du mouvement par des élus politique "progressistes" sont aidées par de nombreux bureaucrates syndicaux et autres organisations sociales.

Ces « progressistes » oublient de préciser le fait que la police et les autres forces répressives du pays sont le résultat direct de la gestion pro-narco-militaire de l’ancien président Alvaro Uribe, et de l’ambassade américaine dans le cadre du « Plan Colombie » visant à la répression interne, non seulement contre les FARC, aujourd’hui dissolus, mais aussi contre tout les mouvements de protestation.

Les manifestation de ce lundi ont eu lieu dans tout le pays et faisaient partie de l’appel à la grève nationale du 21 septembre, qui comprenait des barrages routiers et des marches dans d’autres grandes villes comme à Cali ou Medellin. Dans cette dernière, en plus de la répression policière, c’est l’armée elle-même qui est descendue dans la rue pour intimider la population.




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