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Désastre écologique

Crise climatique meutrière : au moins 1136 morts dans des inondations au Pakistan

Après la canicule qui a touché le pays ce printemps, le Pakistan est depuis le début de l'été frappé par des inondations extrêmes, avec un tiers du pays actuellement submergé. Une catastrophe qui démontre l’ampleur de la catastrophe écologique dans les pays semi-coloniaux.

mardi 30 août

Crédits photo : Abdul MAJEED / AFP

La mousson, saison des pluies qui s’étend de juin à septembre au Pakistan, a été particulièrement violente cet été. C’est une véritable catastrophe qui s’est abattue sur le pays, provoquant la mort d’au moins 1 136 personnes depuis le mois de juin – chiffres largement sous-estimés selon l’ONG Médecins du Monde. Le pic de précipitations a été enregistré ce dimanche 28 août, une journée durant laquelle 119 personnes ont perdu la vie. Les habitants ont été contraints de fuir leurs domiciles pour échapper aux inondations et on parle de 10 millions de personnes déplacées. Sur France TV info, une mère de famille explique : « Regardez l’état de notre maison. Nous sommes pauvres. Comment mon mari va-t-il construire une maison, maintenant ? Il n’y a plus de travail. Il n’y a pas assez d’argent pour nourrir les enfants avec les biscuits. Nous avons faim ».

Depuis le début de l’été, près d’un million d’habitations ont été détruites, 3 400km de routes et 157 ponts, mais aussi 80 000 hectares de terres cultivables. Le gouvernement a déclaré l’état d’urgence et l’aide humanitaire est en route mais il est presque impossible de secourir les personnes en danger ou de leur apporter de l’aide que ce soit par les routes, complètement impraticables quand elles ne sont pas détruites ou par hélicoptère, car il est impossible de se poser sur la terre sèche. La plupart des habitants sont donc contraints de partir à pieds ou sur des embarcations de fortune, emportant avec eux tout ce qu’ils peuvent.

Mais il ne s’agit pas des seules conséquences de ces inondations. Dans certains hôpitaux du pays, la fréquentation a augmenté de 70% pendant ces dernières semaines. Les blessés y sont nombreux, mais il y a aussi des cas de paludisme et les professionnels de la santé craignent une épidémie de choléra. Ces deux maladies mortelles et fortement contagieuses se transmettent l’une par les moustiques qui profitent des eaux stagnantes pour se reproduire et l’autre, par une bactérie présente dans ces mêmes eaux. En plus de cela, les hôpitaux surchargés présentent un risque de contagion plus élevé pour les patients ainsi que les professionnels, que ce soit au niveau de ces maladies mais aussi du Covid.

Par ailleurs, les cultures qui avaient déjà souffert de la canicule ont été ravagées, ainsi que les élevages. La moitié des cultures de riz et de coton auraient disparu et au moins 710 000 animaux d’élevage sont morts. Les Pakistanais subissaient déjà une inflation de 44%, ils vont demain encore souffrir de la faim.

Tout cela est la conséquence du réchauffement climatique. Car si la mousson est parfaitement normale au Pakistan où les saisons des pluies alternent avec les saisons sèches, selon le dernier rapport du GIEC le réchauffement climatique augmente les risques d’inondations dans ces régions. De plus, le Pakistan se situe à proximité de l’Himalaya, dont la fonte des glaciers fait déborder les rivières.

Le Pakistan est le 8e pays le plus touché par les phénomènes météorologiques extrêmes selon une étude de l’ONG Germanwatch. Mais s’il l’est particulièrement en raison de sa situation géographique, c’est parce que les infrastructures ne sont pas suffisamment adaptées que les populations sont aussi directement impactées et que les morts sont aussi nombreux. En effet, des milliers de bâtiments sont construits sur des zones inondables et de nombreux habitants vivent dans des bidonvilles.

Ancienne colonie britannique et encore fortement dépendant des puissances occidentales, le pays avait été contraint de consacrer 40% de son budget au remboursement de sa dette au FMI, l’empêchant alors d’investir cet argent dans les infrastructures nécessaires pour résoudre ces problèmes. Aujourd’hui, selon le ministre de la Planification et du Développement pakistanais, le pays aura besoin de plus de 10 milliards de dollars pour réparer les dégâts provoqués par cette catastrophe. Le FMI est déjà en train de réfléchir à un « plan d’aide » qui va assurément approfondir cette dette et enfoncer le pays dans le cercle vicieux de la dette.

Encore une fois, ce sont les pays les plus vulnérables, à l’image du Pakistan, mais qui est loin d’être le seul, qui souffrent des conséquences des actions des multinationales qui détruisent la planète. Car ce sont bien les gaz à effet de serre qui provoquent le réchauffement climatique et aujourd’hui, ce sont 100 entreprises qui, dans leur quête constante pour les profits, sont responsables de 70% des émissions de ces gaz. Face à l’urgence climatique, une transition écologique ne peut se faire qu’en s’attaquant à ces multinationales ainsi qu’aux gouvernements impérialistes et leurs relais dans les pays dépendants, qui détruisent les structures capables d’endiguer la crise climatique. Cela ne peut se faire qu’en plaçant des industries, telle que celle de l’énergie (étant une des plus polluantes), sous le contrôle des travailleurs et travailleuses, en solidarité avec les populations du monde entier.



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