^

Notre classe

Hauts-de-Seine

De piquets en AG... Carnet de grève d’une prof des écoles en reconductible à Villeneuve-la-Garenne

Tout a commencé l’année dernière avec (ou plutôt contre) la loi Blanquer, visant à réformer l’école pour la rendre toujours plus injuste et inégalitaire. Pour la première fois à Villeneuve-la-Garenne, petite commune des Hauts-de-Seine que personne ne connaît car coincée entre Saint-Denis et Gennevilliers, les enseignants et enseignantes ainsi que les parents, se sont mobilisé.e.s massivement et ensemble. Une première dynamique collective et inter-degrés s’est construite autour de ce mouvement.

lundi 20 janvier

Tout a commencé l’année dernière avec (ou plutôt contre) la loi Blanquer, visant à réformer l’école pour la rendre toujours plus injuste et inégalitaire.
Pour la première fois à Villeneuve-la-Garenne, petite commune des Hauts-de-Seine que personne ne connaît car coincée entre Saint-Denis et Gennevilliers, les enseignants et enseignantes ainsi que les parents, se sont mobilisé.e.s massivement et ensemble. Une première dynamique collective et inter-degrés s’est construite autour de ce mouvement.

Depuis le 5 décembre, nous sommes une douzaine de professeur.e.s des 1er et 2nd degrés à être en grève reconductible contre la réforme des retraites et beaucoup d’autres collègues sont grévistes sur les journées principales. Cela peut paraître un peu dérisoire, mais c’est bien un fait historique dans l’histoire de cette si petite ville.

Contrairement à d’autres secteurs, nous ne bloquons pas « directement » le pays lorsque nous arrêtons le travail. Cependant, reconduire la grève nous permet d’organiser des actions, de participer à d’autres et d’aller soutenir les camarades de la RATP sur les piquets très tôt le matin.

En guise d’exemples... Nous avons contribué à l’envahissement du salon « Parcours sup 2020 » qui a conduit Jean-Michel Blanquer à annuler sa venue quand, de leur côté, Valérie Pécresse et Frédérique Vidal ont fui l’amphithéâtre dans lequel elles intervenaient (Les profs au salon parcours sup 2020 - Là-bas si j’y suis). Localement, nous sommes allés faire un petit tour au centre commercial de la ville pour improviser une manifestation avant de poursuivre l’action de l’Opéra de Paris en dansant, à notre manière, le Lac des Cygnes sur le parvis (Les profs reprennent le lac des cygnes - Le parisien).

La grève reconductible est également nécessaire pour assister aux assemblées générales et coordinations de notre secteur professionnel et/ou géographique. Ça remotive vraiment quand nous avons des petites baisses d’énergie, car nous pouvons nous rendre compte que nous ne sommes pas seul.e.s et que, contrairement à ce que veulent nous faire croire les médias d’État, la mobilisation de faillit pas. Les assemblées générales réunissent effectivement toujours plus de monde.

Les jours de manifestion, les personnels de Villeneuve-la-Garenne occupent une belle place dans le cortège « Interpro 92 » où nous sommes reconnaissables avec nos vuvuzelas bleus (cadeau d’un parent d’élève pour le carnaval que nous nous avons quelque peu détourné…).

La limite de tout ça c’est que nous, les grévistes, avons peut-être un peu déserté nos écoles, collèges et lycées. C’est pourquoi le début de semaine sera consacré à encourager un maximum de personnes à venir à notre AG de ville, ce mardi soir, afin de (re)mobiliser nos collègues, les familles et autres travailleurs et travailleuses de la ville. Notre but : réaffirmer notre détermination à refuser ce projet de réforme des retraites et organiser la poursuite de la lutte.

Je finirai en abordant le nerf de la guerre : les pépettes ! Il faut reconnaître que c’est une préoccupation majeure pour beaucoup de collègues. Alors nous avons a fait comme tant d’autres en créant notre propre caisse de grève. Tenter de la remplir nous occupe bien ! Vente de gâteaux à prix libre, envoi de mails par centaines, démarchage pendant les manifestations… Le montant actuel n’est pas ridicule du tout. En l’état nous permettrait d’indemniser chacune et chacun des grévistes d’un tout petit tiers de notre salaire journalier par jour de grève. Certaines et certains dirons que ce n’est pas si mal, d’autres dirons que ce n’est pas suffisant… Ce qui est sûr c’est qu’il faut continuer à la remplir cette caisse pour pouvoir poursuivre notre mobilisation.

Alors à votre bon cœur m’sieurs, dames ! Caisse de grève