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Jeunesse

Conseils centraux de l'UT2J

Élections étudiantes à Toulouse : Le Poing Levé devient la première organisation militante du Mirail !

Après trois jours de campagne intense sur le campus universitaire de Toulouse II, les résultats de l'élection des représentant.es étudiantes aux conseils centraux sont tombés : le collectif anticapitaliste Le Poing Levé s'impose comme la principale force militante au Mirail.

samedi 13 février

Les 10, 11 et 12 février, les étudiant.es de l’université Toulouse II Jean Jaurès - Le Mirail étaient amenés à voter pour les listes de leurs représentant.es aux conseils centraux de l’université (le Conseil d’Administration et la Commission de la Formation et de la Vie Universitaire). Le vote électronique a été clôture ce vendredi à 16h30 et les résultats sont tombés.

Le Poing Levé arrive en deuxième position derrière la liste UET-UNEF dans ces deux conseils. L’écart entre ces deux listes est de 93 voix : sur 1800 votants au total pour le CA, l’UET-UNEF obtient 608 voix et 2 sièges, tandis que le Poing Levé, collectif étudiant impulsé par les militant.es qui animent Révolution Permanente au sein du NPA, obtient 515 voix et 2 sièges également. A la CFVU, les résultats sont sensiblement les mêmes, donnant 5 élu.es à la liste UET-UNEF et 4 élu.es du Poing Levé.

Le fait le plus marquant des ces résultats est donc la percée du collectif le Poing Levé, collectif anticapitaliste et révolutionnaire qui n’existe sur le Mirail que depuis la rentrée 2020, et qui talonne les résultats de l’UET (syndicat combatif local) qui s’est allié avec l’UNEF. Cette dernière, en plus d’être inexistante sur le Mirail et d’avoir du faire appel à des membres de son bureau national venus d’autres villes pour mener la campagne est une organisation en plein déliquescence avec laquelle nous avons refusé toute alliance.

A titre d’exemple, en 2018 lors des dernières élections au Mirail, une liste portée par l’UET, l’UNEF et l’UEC avait obtenu environ 60% des voix et la moitié des sièges dans l’ensemble des conseils. Les élections de cette année s’ancraient évidemment dans un contexte particulier, où les universités sont quasiment fermées et où la précarité et la détresse étudiante se sont dramatiquement aggravées depuis le début de la crise sanitaire et économique. Une situation qui explique en partie le taux de participation particulièrement faible, d’autant que les étudiant.es n’ont jamais participé massivement aux élections des conseils centraux des universités au cours des dernières décennies.

Une campagne du Poing Levé particulièrement dynamique

C’est précisément en ancrant notre campagne dans la compréhension de cette crise globale du capitalisme - sociale, politique, économique, écologique et sanitaire – et en s’adressant à une génération qui se politise autour de ces problématiques, depuis la lutte pour le climat jusqu’aux mobilisations contre la loi Sécurité globale, que le Poing Levé s’est démarqué.

La campagne que nous avons menée a permis d’enclencher une véritable dynamique au sein de l’université du Mirail, ouvrant des débats dans les cours qui se tenaient en présentiel autour des perspectives pour faire face à la crise, entraînant des dizaines d’étudiant.es se reconnaissant dans notre programme à se mobiliser pour voter et faire voter Le Poing Levé.

Malgré une campagne particulièrement dynamique, la percée du collectif anticapitaliste Le Poing Levé était loin d’être assurée. En effet les syndicalistes de l’UNEF ont usé de méthodes qui, si elles étaient avérées, s’apparentent à de la fraude, pour essayer de mener campagne depuis l’extérieur de l’université. En organisant ce qui semble être une fuite massive de donnée, ils ont contacté la quasi-totalité des 30 000 étudiant.es que compte le Mirail via leur adresse mail universitaire, en toute illégalité.

Avec 93 voix d’avance, l’appareil de l’UNEF en alliance avec l’UET a donc réussi à maintenir une présence super-structurelle dans les conseils du Mirail alors même que cette organisation étudiante n’a plus de réelle existence militante au Mirail et qu’ils n’auraient certainement pas pu conserver des élu.es dans les conseils sans l’accord passé avec l’UET.

De notre côté, nous avons su maintenir le cap d’une indépendance politique totale des institutions et des organisations qui ont trop longtemps brillé par leurs méthodes bureaucratiques dans le mouvement étudiant et au travers de leurs alliances avec certains gouvernements, les amenant parfois même à soutenir des réformes réactionnaires pour l’Université. C’est avec cette même énergie que nous maintiendrons notre politique cherchant à construire un véritable mouvement étudiant pour faire face à la situation, et ce avec l’ensemble des étudiant.es souhaitant se battre à nos côtés !

Un programme de lutte indépendant et des perspectives qui dépassent les élections

Contrairement aux autres listes qui se présentaient, nous n’avons véhiculé aucune illusion sur les conseils universitaires, où la marge de manœuvre des élu.es étudiant.es est particulièrement restreinte (à titre d’exemple, seulement 6 sièges sur 36 au CA sont alloués aux étudiant.es, alors qu’y siègent 8 personnalités extérieures à la fac qui ne sont élues par personne). En conscience de la structure anti-démocratique des conseils, qui adaptent l’université aux besoins du patronat et se font les relais des directives gouvernementales, nous avons mené campagne pour des élu.es combatifs au sein de ces conseils, en toute indépendance de l’État et de ses institutions. A la différence des autres listes en lice, nous refusons le cadre imposé dans ces conseils qui consiste à « cogérer » et administrer la misère à l’université.

Mais nous avons surtout mis en avant l’importance de construire une large mobilisation étudiante, dans la continuité des mobilisations qui ont émaillé la jeunesse ces derniers mois et dans le cadre d’un rapport de forces qui se joue avant tout hors de ces conseils et même par delà les murs de l’université, aux côtés du monde du travail.

Face au mal-être grandissant de la jeunesse, nous luttons pour que l’université puisse réellement rouvrir ses portes, ce qui passe par exiger un investissement massif dans l’Enseignement supérieur et le système public de santé, à l’inverse des milliards d’euros de cadeaux offerts au patronat par le gouvernement. Le Poing Levé revendique également la mise en place d’un revenu étudiant à la hauteur du SMIC, pour que personne n’ait à choisir entre étudier et manger. Mesure qui pourrait être financée par un impôt fortement progressif sur les grandes fortunes.

Enfin, nous avons porté la voix des combats qui dépassent les frontières de la fac, dans un contexte de crise d’ampleur, où il est primordial de lutter avec les travailleur.ses qui se battent également contre les mesures anti-sociales du gouvernement et du patronat. Les licenciements d’aujourd’hui sont le chômage des jeunes de demain, et c’est pourquoi il est indispensable d’exiger aux côtés du mouvement ouvrier l’interdiction des licenciements. Nous avons mis en avant les liens tissés avec des ouvriers de l’aéronautique dans la région, mais aussi notre soutien à la grève des raffineurs de Grandpuits qui se battent contre le géant pollueur Total.

Mais comme nous n’avons cessé de le répéter durant cette campagne, voter pour des représentant.es dans les conseils est loin d’être suffisant. Il s’agit désormais de transformer la dynamique de cette campagne électorale du Poing Levé en véritable force militante. C’est pourquoi nous invitons l’ensemble des étudiant.es qui se sont investi dans cette campagne à rejoindre notre collectif, à nous contacter et à continuer à défendre une perspective de mobilisation étudiante aux côtés du monde du travail, pour une sortie de la crise anticapitaliste et révolutionnaire.

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