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Politique

Le droit des femmes étrangères...

En plein 8 mars : expulsion d’une femme, ligotée, pieds et poings liés, avec ses 2 enfants de 6 et 8 ans vers le Kosovo

Nous relayons ci-dessous le communiqué de RESF 69, RESF 38. "Ce 8 mars 2019, journée internationale du droit des femmes, s’est transformé en cauchemar pour une jeune mère kosovare et ses deux enfants. Madame Toska, seule chez elle avec ses deux enfants de 6 et 8 ans encore endormis (Le papa est au travail, comme tous les matins) est effrayée quand elle entend frapper à la porte."

mardi 12 mars

Source du communiqué : ici

RESF 69, RESF 38 : pétition en pdf

Elle n’ouvre pas immédiatement. Fallait-il vraiment que la PAF enfonce la porte ?

Les enfants ont été tirés de leur lit ou ils restaient cachés, pleurant en claquant les dents, terrorisés par les bruits de la porte enfoncée et les policiers qui entrent en nombre dans leur chambre. Madame a reçu l’injonction de s’habiller au plus vite sinon elle serait ramenée à l’aéroport en pyjama.

Elle a été conduite à l’aéroport, montée à l’avion les pieds et poings liés, où elle n’a été détachée que lorsque l’avion avait pris de l’altitude... sous les yeux de la petite Roza qui a découvert dans l’appareil sa mère menottée.

La maman dit ne pas comprendre ce traitement deshumanisant, ne pas avoir été violente.

Ce jour 8 mars, tous ceux qui ont connu de loin ou de près Fidan, Nerxhivane, Roza et Rion sont sous le choc par toute cette violence. Qu’avait fait Nerxhivane pour mériter un tel traitement dégradant ?

Nerxhivane et Fidan sont entrés « illégalement » sur le sol Français en 2011, et ça, on ne leur pardonne pas !

Alors de demande d’asile dont ils ont été déboutés en demande de titre de séjour, auxquelles ils pensaient de bonne foi avoir droit, ils ont abouti à des Obligations de Quitter le Territoire Français réitérées tous les deux ans. La dernière en septembre 2018, sans délai, et assortie d’une interdiction de retour d’un an.

Cette famille réunissait bien de critères pour être régularisée. Fidan, le père travaillait, payait le loyer, impôts, taxe d’habitation ; Nerxhivane suivait des cours de français, les deux enfants Roza 8 ans et Rion 6 ans, nés en France, étaient scolarisés. Une famille bien intégrée qui avait l’estime de ceux qui la connaissaient de près ou de loin.

Ces mesures sont choquantes.

Est considérée comme une faute, une preuve de non-respect des lois le fait d’espérer encore et toujours que notre pays, dont ils rêvent de devenir citoyens comprenne enfin qu’ils font tout pour s’y intégrer. D’ailleurs, la petite Roza, depuis le Kosovo où elle vient d’être expulsée, dit « Je veux retrouver ma maîtresse et la directrice de mon école... ».

Mais les lois sont les lois : OFPRA, CNDA, Préfecture de la Haute Savoie et Tribunal Administratif n’ont pris en compte que ce qui a leurs yeux est une faute : ne pas obéir à l’injonction de quitter la France...

Donc expulsion il y a eu.

Nous nous élevons aujourd’hui contre la violence incompréhensible de cette expulsion qui a traumatisé deux enfants dans leur plus jeune âge.

Nous citoyens français, nous ne supportons pas qu’une telle violence soit pratiquée en notre nom.

mardi 12 mars 2019.




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8 Mars   /    Politique