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Evo Morales est proscrit par les putschistes

Lors d’une conférence de presse tenue par le président du Tribunal suprême électoral (TSE), Salvador Romero, il a été officiellement annoncé qu’Evo Morales était interdit de se présenter aux élections. Dans la matinée, la sénatrice du MAS, Adriana Salvatierra, a déclaré qu’il n’y aurait pas de mobilisation si Evo et Pary (ancien chancelier) étaient proscrits.

samedi 22 février

Cette résolution du TSE était prévisible puisque l’opposition — civique, cléricale, économique, policière et militaire — a besoin d’un processus électoral « adapté » à son objectif majeur : battre le MAS de toutes les manières possibles. À cette fin, ils ont également emprisonné plusieurs des principales figures publiques de ce parti et près de 600 anciens fonctionnaires de différents niveaux font l’objet d’une enquête.

Malgré cette situation, le MAS n’a pas cessé de négocier avec les putschistes. On peut en voir un exemple dans les déclarations de la sénatrice Adriana Salvatierra, qui a déclaré ce matin qu’à aucun moment le MAS n’a fait mention de mobilisations et qu’il serait seulement attentif au fonctionnement du TSE, en acceptant d’avance la proscription d’Evo Morales comme candidat à la fonction de premier sénateur de Cochabamba.

Avec cette déclaration ouvertement conciliante et quelques heures avant que le TSE diffuse sa résolution sur Evo Morales, le MAS a une fois de plus donné carte blanche aux putschistes pour continuer à contrôler le processus électoral.

La droite sait que si elle interdisait le candidat du MAS à la présidence, Luis Arce Catacora, et Evo Morales, ce geste serait interprété comme très brutal et réactionnaire, alors qu’elle doit veiller au « déguisement démocratique » de ce qu’elle appelle le gouvernement de transition et son processus électoral. Cela leur a imposé une limite qui les a obligé à permettre à Arce de se présenter aux élections, mais ils sont parvenu à se débarrasser d’Evo Morales, qui est sans doute le candidat le plus fort de ce parti.

Evo Morales, après avoir reçu la nouvelle, a décrit cette résolution comme un coup pour la démocratie et il a dénoncé que l’objectif final est l’interdiction du MAS.

Consulté pour La Izquierda Diario, Javo Ferreira, dirigeant de la LOR-CI, a souligné que « la LOR-CI rejette la résolution du TSE qui met en évidence le caractère putschiste et antidémocratique du mouvement civique d’octobre et novembre qui a donné naissance au gouvernement Áñez et à ce tribunal électoral. Bien que nous n’apportions aucun soutien politique au MAS, ni à Evo Morales, en raison de son caractère profondément réformiste qui a ouvert la voie au triomphe de la vieille droite néolibérale et qu’aujourd’hui, malgré les persécutés, les prisonniers politiques, les torturés à El Alto et les morts, continuent de négocier, négocier et négocier, nous répudions les attaques de cette droite putschiste et les mécanismes de persécution politique qui se traduisent dans ce cas par la proscription du principal dirigeant du parti le plus voté du pays ».




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