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Fin du contrat avec Scopelec : Orange menace 550 emplois dans la coopérative

Sous la menace d’un redressement judiciaire, la coopérative Scopelec, sous-traitante d’Orange spécialisée dans les infrastructures de télécommunications, a annoncé un plan de licenciements après la rupture du contrat par le donneur d’ordre. A terme, les 3600 salariés sont menacés.

lundi 19 septembre

Crédit photo : Alain Jocard / AFP

Ce lundi les salariés de Scopelec se sont rassemblés devant le site de Saint-Orens-de-Gameville, près de Toulouse, contre le plan de licenciement qui menace plusieurs centaines d’entre eux. A la suite du refus d’Orange de renouveler son contrat avec la coopérative, spécialisée dans le déploiement et la maintenance de réseaux de télécommunications, Scopelec est en effet sous la menace d’un redressement judiciaire, et prévoit dans l’immédiat 550 licenciements.

Depuis la fin de ce contrat, décidée à la fin 2021 et actée en mars 2022, Scopelec risque de s’écrouler. En effet elle dépend largement du donneur d’ordre Orange, qui représente 40% de son chiffre d’affaires, soit 475 millions d’euros. Dans ce contexte, l’ensemble des 3600 salariés sont à terme menacés de perdre leur emploi. On compte d’ores et déjà plus de 1000 départs (« départ volontaire » ou salariés repris par d’autres entreprises) depuis l’annonce du non-renouvellement du contrat.

Aussi, la responsabilité du géant des télécommunications Orange, fort de 42,5 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2021, est évidente dans le massacre pour l’emploi qui s’annonce. Suite à la perte générée par le non-renouvellement du contrat, les comptes de Scopelec sont dans le rouge, et la coopérative n’a plus qu’une semaine pour trouver les 20 millions d’euros qui éviteraient son placement en redressement judiciaire. Les salariés mobilisés ne s’y sont pas trompés et pointent la responsabilité d’Orange, à l’image du délégué syndical Frederic Mazars présent au rassemblement sur le site : « On n’a pas 36 solutions, soit Orange nous donne les 20 millions d’euros et nous assure un peu d’activité dans les années à venir, ayant promis de nous aider, soit on coule  ».

Aussi, l’Etat français, principal actionnaire de l’entreprise avec 23% des parts a toute sa responsabilité dans la destruction de l’emploi décidé par la direction de la coopérative, sous la pression d’Orange, et dans toutes les conséquences indirectes induites par un plan de licenciement d’une telle ampleur.

Face à cette situation, les salariés prévoient de se rendre ce vendredi 23 septembre devant le ministère de l’économie pour exiger l’intervention de l’Etat afin qu’Orange fournisse les 20 millions d’euros demandés par la coopérative, dans le but d’empêcher les licenciements. En réalité, après décennies de privatisation des PTT, depuis la création de France Télécom en 1988, l’Etat français et les grandes entreprises du secteur (Bouygues, SFR et récemment Free) n’ont fait que détruire des emplois, casser le service public et précariser les salariés. Cette privatisation sauvage avait amené à la grande vague de suicide chez France Telecom-Orange, et n’a cessé de mener à des suppressions d’emplois. Le cas de Scopelec montre une nouvelle fois que cette politique de privatisation s’achève systématiquement dans des suppressions d’emplois. Dans ce sens, le retour à une entreprise nationalisée des télécoms, contrôlée par les travailleurs et les usagers serait l’unique solution pour mettre fin à ces drames sociaux qui émaillent les télécommunications depuis des années.



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