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Politique

Après 13 ans de lutte

Goodyear condamné pour licenciement abusif : victoire pour les ex-salariés d’Amiens-Nord !

Ce jeudi, l’entreprise Goodyear a été condamnée par le conseil de prud’hommes d’Amiens pour licenciement abusif. Une décision qui constitue une victoire pour les ex-salariés dont la lutte contre les licenciements après la crise de 2008 a été emblématique. Une victoire treize ans plus tard qui n’effacera pas les vies saccagées mais qui est un point d’appui pour refuser les fermetures d’usine et imposer l’interdiction des licenciements, par la grève et par la lutte !

vendredi 29 mai

Crédits photo : PHOTO - AFP/ARCHIVES - FRANCOIS LO PRESTI

Après 13 ans de lutte acharnée, les ex-salariés de Goodyear ont obtenu en justice la condamnation de l’entreprise pour « licenciement sans motif économique valide ». En effet, bien que l’entreprise ait prétexté des difficultés économiques pour justifier la fermeture du site, la décision de justice a donné raison aux ex-salariés en montrant que l’entreprise ne souffrait d’aucun déficit justifiant les licenciements.

L’entreprise, qui avait annoncé un premier plan de 400 licenciements en juillet 2007, avait fermé en 2014 après 7 ans d’un combat acharné mené par les salariés. Dans le contexte de la crise de 2008, le combat des Goodyear a constitué un symbole important de la lutte contre les licenciements et contre des patrons voyous qui cherchaient à tout prix à préserver leurs profits, quand bien même cela signifiait détruire des centaines de vies.

Le tribunal, qui a condamné l’entreprise pour “licenciement sans motif économique valide” selon Mediapart, a reconnu un préjudice moral important aux ex-salariés de Goodyear en raison du conflit qui les avait opposés à leur direction. Celle-ci a par ailleurs été condamnée à leur verser plusieurs années de salaire, comme les ex-salariés l’exigeaient, ainsi qu’à une exécution immédiate du jugement. Cependant, comme l’expliquait Mickaël Wamen, ex-leader CGT de l’usine dans une vidéo postée sur Facebook, ces indemnités ne répareront pas les centaines de vies brisées par les licenciements et ne ramèneront pas les salariés qui se sont suicidés après avoir perdu leur travail. Pour Fiodor Rilov, avocat des Goodyear syndiqué à la CGT et interviewé par le JDD, “c’est avant tout une victoire sociale et politique, ils ont reconquis leur dignité individuelle, et j’ose le dire, une dignité de classe. Mais les indemnités, quel que soit le montant, ne permettront pas de compenser leurs vies qui ont été saccagées.”

Bien que l’entreprise n’ait pas reçu d’injonction à reconstruire le site, la décision rendue par le conseil de prud’hommes d’Amiens constitue une victoire pour les ex-salariés de Goodyear. Réactualisant le combat contre les licenciements, elle montre plus que jamais qu’il faut se battre dans cette période de crise économique dont les travailleurs seront les premiers à faire les frais. Pour Mickaël Wamen, “c’est une victoire totale, pleine et entière non seulement pour les goodyear, mais pour toutes celles et tous ceux qui, dans notre pays, souffrent, subissent et vont subir du chantage odieux à l’emploi, par des groupes très riches, richissimes même, qui utilisent cette maladie qu’est le covid, pour faire pression sur eux et leur famille.”

Alors que les patrons commencent déjà à annoncer des plans de licenciements, à l’image de Renault et des 4600 licenciements annoncés en France, il est plus qu’urgent de se battre pour que ce ne soit pas aux travailleurs de payer la crise. En ce sens, il est nécessaire de s’organiser, comme l’ont fait les salariés de la fonderie de Bretagne qui ont réussi à empêcher la fermeture de leur site. Pour que ce ne soit pas aux travailleurs de payer la crise, il nous faudra construire le rapport de force par la grève et les mobilisations, pour imposer l’interdiction des licenciements ou encore le partage du temps de travail entre toutes et tous avec maintien de salaire pour toutes et tous.




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