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Politique

Solidarité avec les réfugiés et les camarades déférés !

La Mairie de Paris continue à réprimer les migrants en lutte

Quatre camarades, un migrant et trois soutiens intervenant sur le centre Pernety, à Paris, ont été arrêtés et placés en garde-à-vue. Ils seront déférés devant le parquet de la capitale le 9 octobre pour « séquestration, violence et injure ». C’est ainsi que la mairie de Paris tente de casser le mouvement de solidarité avec les migrants qui ne décroît pas, même pendant la période estivale. Un seul mot d'ordre : « Solidarité avec les réfugiés et les camarades déférés » !

lundi 17 août 2015

Maria Chevtsova

Depuis plusieurs mois, les « migrants de la Chapelle » et les « migrants d’Austerlitz » ne cessent de lutter pour obtenir la régularisation de leur situation (demande d’asile pour la plupart), mais aussi pour avoir accès à des conditions d’hébergement et d’hygiène décentes. S’il est inhumain de laisser vivre dans la rue des centaines de migrants, c’est pourtant bien ce que fait la Mairie de Paris en ne proposant pas de solution collective et correcte d’hébergement. Au mois de juin, c’est en envoyant des cars de CRS que la Mairie de Paris a fait évacuer le « campement de la halle Pajol ». Elle poursuit dans la même logique.

Aux quatre coins de la capitale, les migrants s’organisent

A Vincennes, une cinquantaine de migrants ont été relogés par la Mairie de Paris dans un centre Emmaüs depuis le 19 juin, suite à l’évacuation du campement des jardins Éole. Malgré les promesses de la Mairie et de l’OFPRA d’aider les migrants dans leurs démarches administratives, rien n’a bougé, et les conditions de logement sont scandaleuses. Pour les migrants « [les] conditions ressemblent à de la détention ». Et pour cause : ce centre Emmaüs est un ancien centre de rétention dans lequel on retrouve des éléments caractéristiques : barbelés entourant le centre, fenêtres grillagées et mobilier scellé au sol. Il n’est pas difficile d’imaginer le sentiment des migrants qui sont « relogés » dans cette « prison à ciel ouvert », alors même qu’ils ont traversé des terres et des mers et risqué leur vie pour fuir leurs pays en guerre.

Mardi 4 août, le groupe de migrants décide d’occuper le lieu et d’empêcher l’accès au personnel tant que leurs revendications ne sont pas acceptées : ils veulent des tickets de métro, des attestations de domiciliation et des photos d’identités, tous ces éléments étant indispensables pour leurs demandes d’asile, mais aussi l’accès à une machine à laver. Les négociations avec la responsable du centre d’hébergement se concluent positivement le soir même. Mais concernant leur prise en charge administrative, rien ne bouge : les représentants de la Mairie de Paris et de l’Ofpra refusent de les recevoir. Et la situation est la même pour les migrants hébergés au centre de Pernety, dans le 14ème arrondissement de la capitale. Pour dénoncer les conditions dans lesquelles ils vivent depuis plusieurs semaines et pour protester contre l’absence de prise en charge administrative, les migrants de Pernety entament une grève de la faim le mardi 11 août et décident d’occuper le centre.

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Encore et encore, la Mairie de Paris utilise la violence pour casser le mouvement

Mercredi 12 août, la police entre dans le centre de Pernety par la force et arrête quatre personnes, dont un migrant demandeur d’asile et trois des soutiens présents. Cela faite suite à la plainte déposée par Emmaüs pour séquestration, accusant les personnes du centre d’avoir empêché des personnels de sortir du bâtiment, ce qui a été totalement démenti dans un communiqué rédigé par la suite par les migrants. Après 48h de garde à vue, les quatre camarades sont déférés devant le tribunal, pour un jugement le 9 octobre, étant accusés de séquestration, violence et injures. L’opération policière n’a d’autre but que de discréditer la lutte des réfugiés et de casser tout élan de solidarité. Comme depuis le début de la « lutte des migrants », la Mairie de Paris et le gouvernement Valls n’ont de cesse d’utiliser la force et la violence pour casser le mouvement. Mais la solidarité n’est pas un crime et nous exigeons l’abandon de toutes les poursuites judiciaires qui pèsent sur nos camarades et réaffirmons notre soutien inconditionnel aux migrants qui luttent depuis plusieurs mois. Une manifestation réunissant plus de cent personnes dont une trentaine de réfugiés s’est tenue samedi 15 août entre le lycée Guillaume Budé (19ème arrondissement) et place de la République, scandant les slogans « Solidarité avec les immigrés » et « Police partout, justice nulle part ».




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