^

Politique

Coronavirus

La RATP refuse de communiquer le nombre d’agents contaminés au COVID19

La RATP a mis en place une désinfection par un système de nébulisation mais réservé à seulement 10% du parc pour l'instant. Une question de moyens comme souvent. Rappelons que l'application d'une telle désinfection n'est arrivée que plusieurs longues semaines après le début du confinement et des mois après l'épidémie.

mercredi 29 avril

Crédits photos : CGT RATP Bus Flandre

Mais que cache une telle mesure ? Pourquoi la direction a-t-elle fini par accepter de désinfecter plus sérieusement les bus aujourd’hui ? Les procédés de désinfection précédents ont en effet fait apparaître suite à plusieurs contrôles effectués par les élus du personnel de graves manquements d’un point de vue sanitaire. Mais que cache un tel changement ? La question se pose et le pire est à envisager pour les salariés de l’entreprise de transports car depuis quelques semaines déjà la direction refuse de communiquer le nombre de malades, de personnes hospitalisées et de cas suspicieux du covid19.

Une rétention d’information loin d’être anodine, car elle suggère de croire que le nombre de salariés infectés par le virus a sans doute considérablement augmenté ce qui inciterait, selon toute logique, les agents d’exploitation à déserter leur lieu de travail pour se confiner. Une hypothèse à laquelle ne peut se résoudre la direction de la RATP qui a déjà perdu la moitié de ses effectifs en garde d’enfants et arrêts maladie. L’opacité constatée par les élus sur le nombre de contaminations et d’hospitalisations d’agents va ainsi contre la nécessaire transparence que l’entreprise doit à ses salariés pour que ces derniers sachent exactement les risques qu’ils encourent dans l’exercice de leur métier. Ce silence radio de la direction lui permet donc pour l’instant de faire tenir le réseau de transport francilien à hauteur de 30 à 40% des rotations.

Un scandale de plus d’autant qu’il s’agit ici de risques sanitaires potentiellement graves pour les agents ainsi que leurs familles. Dans le sillage de cette crise sanitaire, un machiniste de la ligne 150 a été isolé hier pour suspicion de covid19. Une autre machiniste du même dépôt a été détectée positive également il y a quelques jours mais là encore, aucune information n’a filtré pendant plusieurs jours et les investigations visant à identifier les collègues qui ont été en contact avec les salariés infectés pour circonscrire la vague épidémique sont mises de côté, rentabilité oblige. Alors une hypothétique recrudescence des contaminations à la RATP suffira-t-elle à relancer la transparence au sein de l’entreprise ? Rien n’est moins sûr car si les agents apprennent que, comme dans le milieu hospitalier, qu’une hécatombe d’agents malades s’est produite au sein de leurs effectifs, il y a fort à parier que les derniers salariés qui restent quitteront eux aussi le navire au plus mauvais moment puisque la direction réfléchis actuellement à un plan de déconfinement basé sur l’hypothèse d’un retour des agents malades et en garde d’enfants. Une hypothèse très improbable.

L’enjeu sanitaire pourtant de la plus haute importance passe, sans surprise, bien après l’enjeu économique et la lenteur avec laquelle l’entreprise a réagi pour protéger à minima ses agents, démontre s’il en est que ces petites mains invisibles qui roulent, informent, sécurisent sont bien la dernière roue du carrosse.




Mots-clés

Coronavirus   /    Transport   /    RATP   /    Politique