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Notre classe

La deuxième vague à la SNCF

La SNCF s’entête et maintient ses technicentres à 100% avec peu de train qui roulent

Alors que le nombre de trains a drastiquement réduit avec le reconfinement et suite à la deuxième vague, la direction de la SNCF s’entête et maintient l’activité de production à 100% dans ses technicentres.

mardi 10 novembre

Crédits photos : Wikimedia Commons

Malgré les annonces des modalités du confinement dont l’interdiction du voyage entre les différentes régions, le gouvernement a demandé le maintien des liaisons tant de proximité qu’à grande vitesse à un strict minimum. Néanmoins afin de faire des économies la direction de la SNCF a d’ores et déjà décidé de réduire au maximum les plans de transports sur tous les axes à grande vitesse, pour économiser notamment sur les frais de péage. Une estimation indique que pour ne pas faire rouler de trains à perte la SNCF doit remplir ses trains a peu près à 60%.

Nous allons nous pencher plus particulièrement sur les technicentres de maintenance, là où les conditions sont particulières dans la gestion de la crise, surtout pour cette deuxième vague, et où les annonces de maintien de l’activité à 100% peuvent provoquer de la colère et de l’incompréhension.

Moins de trains, mais la maintenance à 100%

Pour donner une idée du paysage de la maintenance du matériel, ce sont des faibles salaires mais également un secteur qui souffre particulièrement des manques d’effectifs dus en grande partie à la politique de la SNCF ces dernières années. Beaucoup de retard se sont creusés dans les opérations de maintenance à cause du sous-effectif, et au lieu d’adapter les effectifs des technicentres aux trains qui roulent, la décision de l’entreprise est de laisser les effectifs tels quels à 100% pour rattraper le retard sur la maintenance des trains. La direction prétend estimer que les masques sont suffisants pour protéger les cheminots, et elle n’hésite donc pas à sacrifier volontairement la santé des travailleurs pour le profit, pendant que tout le haut de l’entreprise est confiné, digne des plus grands mépris de classe.

En effet, sur les transports de proximité le trafic a été réduit de 50% - tandis que sur les liaisons à grande vitesse le trafic a été réduit aux alentours des 25% - sur tous les axes. Des données très parlantes quand on les compare à celles de la première vague où les effectifs avaient été adaptés par rapport aux différentes circulations des trains. Nous pouvons donc constater particulièrement à la SNCF, que ce confinement n’en porte que le nom et qu’il n’en est rien d’autre qu’une mascarade, car selon le gouvernement le Covid ne se transmet apparemment, pour des raisons mystérieuses, au travail et dans les transports… Enfin il ne faut pas non plus dédouaner la direction de la SNCF qui fait le choix de maintenir l’activité dans la maintenance à 100% de manière volontaire, pour rattraper le retard accumulé dû à sa politique d’entreprise, le port du masque et les gestes barrière étant estimés suffisants par la direction pour continuer le travail.

Dans un tract, le syndicat SUD-Rail dénonce cette hypocrisie de la direction montrant le paysage dans différents technicentres :

Une fois de plus, la crise nous montre donc que c’est via le rapport de force que les travailleurs vont devoir faire plier le patronat pour obtenir de véritables mesures pour notre santé, à l’image des lycéens et de l’Education nationale parvenus à faire plier Blanquer qui mène une politique de destruction de l’école depuis qu’il est ministre.
La voie est donc ouverte et c’est aux travailleurs de la prendre en commençant à s’organiser pour obtenir de véritables mesures face à la crise actuelle.




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