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Politique

Petites combines au sein de la caste

Le FN vole de l’argent public, le PS le protège

Romain Lamel Le Front National, dont plusieurs membres sont mis en examen pour financement illicite de campagne en extorquant de l'argent public à l'État, bénéficie aujourd'hui d'une disposition de loi votée par le Parti Socialiste censée « moraliser » la vie politique. Dans les faits, elle protège les frontistes-magouilleurs.

jeudi 11 juin 2015

Une combine bien rôdée

La justice enquête actuellement sur le financement de la campagne des élections législatives de 2012 du FN. Pour accroître le remboursement de l’État, les candidats FN étaient obligés d’acheter un « kit de campagne » surévalué de 16 500 € par candidat. Le fournisseur de ce kit était opportunément une entreprise, Riwal, dirigée par Frédéric Chatillon, un proche de Marine Le Pen, ancien du Groupe Union Défense (GUD, groupuscule d’extrême-droite réputé pour ses actes de violence), aujourd’hui mis en examen. Vu l’ampleur de la somme, le candidat FN se voyait contraint de contracter un prêt à Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen, qui exige un taux d’intérêt de 6,5 %, bien supérieur à celui communément pratiqué par les banques. Compte-tenu des scores élevés du parti d’extrême-droite, le candidat n’avait aucun mal à atteindre le seuil de remboursement des dépenses par l’État, augmenté du taux d’intérêt pharaonique et de la surévaluation du kit électoral, le tout multiplié dans l’ensemble des 577 circonscriptions du pays.

Vous avez dit moraliser ?

Tout ceci est illégal, ou plutôt l’était. Depuis 1988, il est interdit, pour un parti politique interdit d’être financé par une entreprise. Mais les socialistes ont voté en octobre 2013, une loi dite de « transparence de la vie publique » (sic), dans la foulée de l’affaire Cahuzac pour, théoriquement, « moraliser » la politique et tenter de redorer le blason d’un parti ayant promu un fraudeur fiscal au ministère du Budget. Cette loi supprime la clause sanctionnant le parti politique dans le cas d’un financement par une entreprise.

Cet argent que le FN détourne, ou qui servait à financer les factures de la droite à travers Bygmalion, c’est le nôtre ! C’est celui de la TVA que l’on paie sur nos achats quotidiens, c’est celui de la TIPP, qui représente plus de la moitié de notre plein d’essence ! Le PS se sert du FN pour faire du chantage au « vote utile », s’imaginant être un « rempart » contre l’extrême-droite. On savait déjà que leur politique pro-patronale qui augmente le chômage et baisse le pouvoir d’achat, expulse et pourchasse les sans-papiers et les réfugiés, favorise le FN. On voit aujourd’hui que, même pour créer des lois de « transparence de la vie publique », ils servent simplement de marche-pied au parti raciste de Marine Le Pen.

Pour « moraliser » la vie politique, il faut dégager PS, Républicains et FN qui se servent de l’argent public pour remplir leurs caisses. Il faut un contrôle de la population elle-même sur les comptes des partis mais aussi des entreprises. Pour que le FN et ses idées racistes recule, le PS n’est d’aucune utilité, ni pour convaincre les classes populaires du caractère nocif l’extrême-droite, ni pour défendre nos camarades immigrés, ni même pour véritablement « moraliser » la vie politique. Pour lutter contre l’extrême-droite, on ne peut compter que sur nous-mêmes !

09/06/15




Mots-clés

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