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Politique

Le programme de Fillon pour écraser le mouvement #JusticePourThéo

« Les habitants des quartiers sont confrontés quotidiennement aux actes de délinquance ou d’incivilité commis par des mineurs qui se savent quasiment intouchables car la loi les protège davantage que leurs victimes ». On croirait à s’y méprendre que c’est des forces de police dont parle François Fillon dans ce communiqué. Mais non, ce sont bien des enfants et adolescents de banlieue. À la suite de l’affaire Théo et des mouvements de révolte légitime qui lui ont succédé dans un grand nombre de villes de banlieues parisiennes et de province, François Fillon propose un programme sécuritaire de haut vol pour mettre au pas ceux qui se lèvent aujourd’hui contre les violences policières.

mercredi 15 février 2017

Écraser les mobilisations par l’établissement de la majorité pénale à 16 ans

Ce mercredi 16 février, François Fillon a relancé sa campagne lors d’un meeting à Compiègne. Tentant de faire oublier un moment le nombre colossal de scandales qui pèsent sur lui, il lance une offensive ultra droitière, adressée tout particulièrement à la jeunesse qui s’insurge contre les violences policières. Lors de ce meeting, Fillon a sans surprise apporté son soutien aux policiers et dénoncé le laxisme de la justice vis-à-vis des mineurs : « Les individus de 16 ou 17 ans profitent de la clémence du système ». Il s’est prononcé en faveur d’un abaissement de la majorité pénale à 16 ans, mesure absente de son programme jusqu’alors, en réponse aux révoltes qui se propagent en Seine-Saint-Denis et dans plus en plus de villes. À l’heure où les quatre policiers qui ont violé Théo avec une matraque télescopique sont en liberté et que leur crime est réduit par l’IGPN au statut d’accident, des jeunes accusés d’embuscade contre des policiers – d’avoir eu l’intention de leur jeter des cailloux – ont écopé, lors de procès vite expédiés, de six mois de prison ferme. Nul besoin de préciser qui a, à l’évidence, le monopole de la violence et de l’impunité.

Alors que le candidat de la droite chute de jour en jour dans les sondages et que son camp se clairsème, ce tournant sécuritaire lui permet de rassembler autour de lui, et en premier lieu Sarkozy qui était un des grands défenseurs de cette mesure. Aujourd’hui, aux côtés du vainqueur de la primaire de la droite se trouvait le député sarkozyste, Éric Ciotti. Lui-même interpellait mardi le Premier ministre à l’Assemblée nationale en lui demandant d’interdire les manifestations contre les violences policières et de poursuivre en justice ceux qui « diffament » la police. À Compiègne, François Fillon a également fustigé une tribune parue ce matin dans Libération demandant justice pour la mort d’Adama Traoré : « il y a une tribune qui accuse de racisme les policiers ». Il suggère au ministre de l’Intérieur de porter plainte pour diffamation.

En grande difficulté dans les sondages, Fillon joue la surenchère face à Marine Le Pen qui s’est immédiatement positionnée du côté des policiers.




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