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Offensive sécuritaire

Loi « sécurité globale » et floutage des policiers : Darmanin veut cacher les violences policières

Le ministre de l’Intérieur a affirmé vendredi matin sur le plateau de France Info qu’il plaidera pour l’introduction du floutage des policiers et gendarmes en exercice, dans le cadre de l’examen de la loi sur la « sécurité globale » à l’Assemblée Nationale, ce mardi. Un durcissement du texte qui s’inscrit dans la logique répressive et sécuritaire du gouvernement, sous fond de crise sanitaire et sociale.

samedi 14 novembre

 
Crédits : Thomas SAMSON / POOL / AFP

Alors que la très controversée proposition de loi sur « la sécurité globale » devrait être adoptée mardi à l’Assemblée nationale, Gérald Darmanin a annoncé vendredi matin au micro de FranceInfo qu’il souhaitait qu’un amendement soit ajouté concernant le floutage des policiers et gendarmes en exercice. Une nouvelle mesure permettant de renforcer l’impunité policière puisqu’elle supprime une source de preuves importante lors des répressions et violences de la police. En effet, Révolution Permanente revenait récemment sur un certain nombre d’affaires de violences policières qui n’auraient pu éclater sous le quinquennat Macron, sans la possibilité de filmer les forces de l’ordre et de diffuser ces images, lors de mobilisations sociales ou encore dans les quartiers.

Remettant profondément en cause les droits démocratiques et les droits de la presse, le projet de loi « sécurité globale » et son article 24, instaurant un délit de diffusion d’images de forces de l’ordre en intervention passible de 45 000 euros d’amende et d’un an de prison avait suscité de vives réactions chez les journalistes et militants contre les violences policières. Plusieurs pétitions avaient recueilli en quelques mois des milliers de signatures contre ce projet. Amnesty International ou encore le réalisateur David Dufresnes avaient également dénoncé cette loi liberticide aux côtés de plusieurs dizaines de figures politiques et médiatiques.

Un texte qui suscite le doute, au sein de l’opposition, et jusque dans les propres rangs de LREM, notamment son aile gauche. Interrogé vendredi matin par BFM TV, Jean-Yves Le Drian n’avait pas montré beaucoup d’enthousiasme pour le texte, et avait refusé de dire s’il voterait en faveur ou non. Gérald Darmanin a malgré tout réaffirmé vouloir défendre jusqu’au bout le projet de loi.

En ce qui concerne les personnes qui souhaiteraient diffuser des images dénonçant les violences policières, celles-ci devront s’en remettre à la Justice par le biais du Procureur de la République. Or, comme l’ont démontré les nombreuses affaires de violences policières classées sans suite par l’IGPN, nous ne pouvons nous en remettre à l’Etat pour juger son propre bras armé et les violences structurelles qu’il commet. Au contraire, c’est dans le cadre de commissions d’enquêtes indépendantes de l’Etat et de ses institutions que devraient être faite la lumière sur ces agressions.

D’autres mesures défendues dans le projet de loi comme la généralisation du filmage par la police par drone, ou encore le renforcement des compétences de la police municipale, au sujet notamment des fouilles et contrôles inquiètent. En pleine crise sanitaire et sociale, et plutôt que d’investir dans les hôpitaux, la priorité pour le gouvernement est au contraire de renforcer les moyens notamment juridiques donnés à la police pour réprimer toutes formes de contestation, tout en donnant la garantie aux forces de l’ordre d’être couvertes. Vendredi soir, Révolution Permanente revenait lors d’un Live Instagram sur le contenu de la loi et sa signification dans le paysage politique actuel.

Une manifestation aura également lieu mardi 17 novembre devant l’Assemblée nationale, jour du débat parlementaire autour du projet de loi. Une date symbolique puisque la discussion s’ouvre deux ans après le début du mouvement des Gilets Jaunes en France, signe que la majorité souhaite mettre sous le tapis la question des violences policières. Face à cette nouvelle offensive, seule notre mobilisation et la réponse de l’ensemble des organisations politiques et syndicales contre les attaques sécuritaires et anti-sociales pourra permettre de faire reculer le gouvernement.




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