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Politique

L'Islamophobie d'Etat en Marche

Loi séparatisme votée à l’assemblée : il faut construire la riposte dans la rue contre l’islamophobie !

Ce mardi, la loi séparatisme a été adoptée à l’assemblée nationale en première lecture. Un texte de loi islamophobe avec lequel le gouvernement attaque toujours plus nos droits démocratiques en pleine crise sanitaire et économique. Face à cette offensive réactionnaire et à toutes les lois liberticides il s'agit de construire la riposte dans la rue.

mardi 16 février

Crédit photo : Bertrand Guay/AFP

Ce mardi, après 135 heures de « débat » en commission spéciale ou en séance à l’Assemblée réparties sur un mois, les députés ont adopté en première lecture le projet de loi contre le « séparatisme »- avec 347 voix pour, 151 voix contre et 65 abstentions. C’est avec ce projet de loi qui revendique « conforter les principes républicains » que le gouvernement mène une violente offensive réactionnaire et islamophobe sur le terrain de l’extrême-droite. Ouvertement ciblée par le texte, la communauté musulmane fait figure de bouc émissaire dans une situation de crise économique et sanitaire violente, avec comme leitmotiv la lutte contre le « séparatisme islamiste » et le terrorisme. En s’attaquant aux libertés notamment de réunion, d’association mais aussi aux libertés de la presse, le vote de ce texte à l’assemblée est l’aboutissement d’un renforcement autoritaire et islamophobe en marche depuis plusieurs mois, avec l’objectif pour Macron et Darmanin de rejouer en 2022 un second tour des élections présidentielles contre Marine Le Pen.

Si la gauche institutionnelle a offert une opposition de façade au texte porté par l’exécutif, elle s’est souvent contentée de s’abstenir quand elle ne votait pas « pour » certains articles du projet de loi. Ainsi si le PS et sa porte-parole à l’assemblée nationale, Valérie Rabault ont déclaré regretter un texte « unijambiste » et répressif, 29 députés sur les 30 que comptent le groupe socialiste à l’assemblée nationale s’en sont tenus à l’abstention. L’élu PCF Manuéla Kéclard-Mondésir a de son côté voté « pour » le texte, tandis que Marie-George Buffet, André Chassaigne, Sébastien Jumel, Jean-Philippe Nilor, Stéphane Peu et Fabien Roussel également élu PCF se sont contentés de l’abstention, à l’instar de Gabriel Serville, autre membre du même groupe parlementaire. Et pour cause, dans une interview publiée dans le NouvelObs, la figure du PCF Marie-George Buffet déclarait une « le séparatisme est une réalité » et validait ainsi la campagne islamophobe du gouvernement.

Enfin, si les députés de la France insoumise se sont aujourd’hui tous prononcés contre le projet de loi et avaient préalablement déposé une motion de rejet en bloc du texte, ils avaient voté ces dernières semaines un nombre considérables d’articles composant le texte de loi, et servait ainsi de caution de gauche au contenu d’un texte profondément réactionnaire, en entretenant l’illusion que prises une à une, certaines propositions seraient profitables.

Face à ces prises de positions qui sonnent comme une trahison de la part de la gauche institutionnelle au regard de l’ampleur de l’attaque et de la réaction qu’elle avait suscité en réunissant des centaines de milliers de manifestants dans les rues contre les loi liberticides, dont la loi séparatisme en décembre dernier. Il convient donc de rappeler que la loi séparatisme islamophobe n’est ni amendable ni négociable. Dans les faits s’abstenir, pour tout député qui prétend lutter contre le racisme est une trahison grave et une insulte aux dizaines de milliers de manifestants qui se sont mobilisées dans la rue contre la loi Sécurité Globale et la loi séparatisme.

A rebours de la stratégie parlementaire de la gauche institutionnelle qui aura fait la démonstration de son inconsistance, il y a urgence pour notre camp social à construire le rapport de force à même de faire reculer le gouvernement pour le retrait de la loi séparatisme et de toutes les loi liberticides. C’est dans le sillage des manifestations qui avaient rassemblé les habitants des quartiers populaires, la jeunesse et le monde du travail dans la rue contre ces attaques en décembre 2020, qu’il faudra se mobiliser dans la rue.




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