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Politique

Greenwashing

Macron au Mont-Blanc : fausse écologie, vrai désastre

Jeudi 13 février, Emmanuel Macron venait visiter la Mer de Glace afin de constater sa fonte. Au moment même où il annonce que « l’écologie est le combat du siècle », le parlement européen vote en faveur de grands projets gaziers polluants.

jeudi 13 février

Crédit photo : LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

A Chamonix, dans la matinée du jeudi 13 février, Emmanuel Macron a visité la Mer de Glace (au Mont-Blanc) afin de constater les effets du changement climatique. Ils sont forts visibles, spectaculaires même : 8 à 10 mètres de recul par an, environ 2km depuis le début de l’ère industrielle, ainsi qu’une perte d’épaisseur de 120 mètres depuis un siècle. Ces fontes sont dramatiques et inquiétantes. C’est l’une des preuves matérielles les plus spectaculaires du réchauffement climatique en France.

A peine arrivé, un "comité d’accueil" attendait le Président à Saint Gervais les Bains à l’appel, entre autres, de la CGT locale. Il est devenu presque de tradition que chaque déplacement d’Emmanuel Macron soit suivi de près par tous ceux qui voudraient sa chute.

Cette visite du président est censée amorcer un énième virage écologique de son quinquennat à l’approche des municipales. Pourtant, tout le monde se souvient de son « Make our planet great again » qui n’a eu pour aboutissement que des broutilles, rien ne s’étant amélioré depuis. Macron se voulait le chef de file international de l’écologie. Pourtant, si le monde se comportait comme la France, le jour de dépassement (jour à partir duquel on consomme plus que la planète ne peut régénérer en un 1 an, chaque année) serait à la mi-mai … Loin d’être un exemple donc !

Dans un opération de com’ bien huilée, Macron a fait semblant de s’étonner de l’étendue du désastre écologique : « Je n’imaginais pas une fonte aussi rapide, c’est impressionnant. On se rend compte comment les non-décisions ont fait en arriver là ». Il a ensuite présenté sa solution capitaliste au problème écologique : « Il faut démontrer que cette stratégie est compatible avec les progrès économique parce que c’est la stratégie à laquelle je crois ». Quelles solutions apporter au réchauffement climatique ? Le président des riches répond avec les éléments de langage du green washing en présentant le capitalisme comme la solution alors qu’il est le problème.

Au moment même où il tient ces paroles, loin des mises en scène de propagande, le parlement européen votait un projet de construction de plusieurs infrastructures gazières géantes, autorisant des levées de fond de la Banque européenne d’investissement (BEI). L’utilisation de gaz fossiles est un désastre écologique : ils rejettent du méthane lors de sa combustion dans les centrales, qui a un pouvoir réchauffant plus de 80 fois supérieur au CO2 sur vingt ans et seraient responsables de plus d’un tiers du réchauffement climatique depuis le milieu du XVIIe siècle. En plus d’être non-renouvelable, ce moyen de produire de l’énergie est également polluant.

Ce sont les mêmes qui votent ces projets de destruction de l’environnement qui vantent les mérites du capitalisme vert en faisant passer la course au profit avant la réelle défense de l’environnement.




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