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Notre classe

L'inspection du travail annule le licenciement d'un syndicaliste

Marseille : « Tant qu’il n’y aura pas de justice, McDonald’s n’aura pas la paix ! »

Vendredi 26 juillet, l'inspection du travail a refusé le licenciement de Kamel Guemari, victime d'un licenciement pour faits de syndicalisme. Une victoire amère pour les travailleurs qui restent déterminés à continuer le combat pour leurs collègues toujours menacés.

lundi 29 juillet

Conférence de presse de l’intersyndicale au Mcdo de Saint-Barthélemy lundi 29 juillet

Depuis le 30 juin les salariés du McDonald’s de Saint-Barthélemy, à Marseille, sont en grève contre le licenciement « économique » de plusieurs des travailleurs car pour le directeur de la franchise, Jean-Pierre Brochiero, le restaurant ne serait plus rentable. Pourtant, vendredi 26 juillet, l’inspection du travail a refusé le licenciement d’un des inquiétés, Kamel Guemari, syndicaliste à Force Ouvrière et pilier de la mobilisation.

L’inspection du travail a confirmé ce que les salariés du McDonald’s de Saint-Barthélemy affirment depuis le début, le motif économique invoqué par le franchisé pour justifier les licenciements est illusoire. Selon la décision rendue, la demande et les documents joints par le franchisé « ne précisent pas les éléments comptables et factuels permettant de motiver la sauvegarde de la compétitivité ». De plus comme l’affirment les travailleurs, le restaurant de Saint-Barthélemy n’a bénéficié d’aucun investissement permettant de sauvegarder sa compétitivité, notamment la double piste drive et surtout la livraison à domicile, qui selon le cabinet Technologia permettrait une augmentation de 30% du chiffre d’affaires. C’est ce que souligne l’inspection du travail, Jean-Pierre Brochiero ayant reconnu, lors d’un entretien, « ne pas avoir mis en œuvre les solutions existantes pour améliorer la compétitivité de l’entreprise ».

Ce n’est donc pas la bonne marche du restaurant qui motive le franchisé mais bien la volonté de se débarrasser de syndicalistes combatifs. De la discrimination syndicale, une pratique courante qui vise à annihiler toute contestation. L’inspection du travail souligne d’ailleurs que « le lien entre la demande d’autorisation de licenciement et l’exercice des mandats de Monsieur Kamel Guemari est établi ». Plusieurs éléments peuvent le confirmer notamment un enregistrement téléphonique publié par le journal La Marseillaise où l’on peut entendre Christophe Chapuis, alors vice-président Régions de McDonald’s France, affirmer sa volonté de « se débarrasser de Kamel ».

Le refus de licenciement reste toutefois une victoire amère pour les travailleurs. Lors d’une conférence de presse de l’intersyndicale qui avait lieu ce lundi matin, les salariés ont affirmé leur détermination à continuer « un combat contre le patronat, contre McDonald’s ! », plusieurs de leurs collègues étant encore menacés. Ils affirment que la grève se poursuivra tant que les licenciés de ces derniers mois n’auront pas été réintégrés et que les CDD à rallonge n’auront pas été convertis en CDI. Ouverts aux négociations, les travailleurs estiment pouvoir commencer un mouvement d’envergure au sein de plusieurs McDonald’s en France. Pour Kamel Guemari « Tant qu’il n’y aura pas de justice, McDonald’s n’aura pas la paix !  ».

Nous relions ci-joint leurs cagnotte de soutien pour leur grève :
https://www.paypal.com/pools/c/8gSVSezwOu?fbclid=IwAR39Vuk_S4PY6k6kZgFBdH-g3Kvtl6ICWJGATI1IEoeDI80-hVk4gKfh4pw




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