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Mercedes-Benz veut mettre en vente Hambach et 1500 salariés avec

La semaine dernière, la direction de Mercedes-Benz a annoncé son intention de vendre le site de Hambach en Moselle, géré par le sous-traitant Daimler, faisant planer le risque du chômage pour plus de 1500 salariés. Nouvelle preuve, s'il en fallait encore, de la volonté des capitalistes de faire payer à tout prix la crise aux travailleurs.

lundi 6 juillet

Crédits photos : AFP/Philippe Wojazer

« La direction de Mercedes-Benz a décidé cette semaine d’étudier un projet de vente du site de Hambach. Les ventes des modèles Smart EQ restent stables mais le groupe est confronté à une baisse des ventes globales de Mercedes. Ce nouveau contexte et la surcapacité de production qui en résulte exigent une redéfinition des activités du groupe ». C’est par ces mots que la maison-mère, Mercedes-Benz, a formulé vendredi dernier aux délégués syndicaux du site sa volonté de trouver un repreneur pour le site employant plus de 1500 travailleurs.

Si Mercedes annonce devoir aujourd’hui fermer le site initié en grande pompe, par Helmut Kohl, ancien chancelier allemand, et Jacques Chirac et 1997 et qui se voulait lors de sa création le chantre capitaliste de la réussite franco-allemande, la firme annonçait il y a deux ans lancer un plan de 500 millions d’investissements dans l’usine d’Hambach, pour y construire le marché de la voiture électrique en France.
En effet, en mai 2018 Dieter Zetsche, le PDG de la firme allemande, invité à l’Elysée, présentait à un Emmanuel Macron conquis, un plan d’investissement de 500 millions sur le site d’Hambach. Le président français se réjouissait alors sur Twitter « d’un retour de la France sur l’échiquier économique mondial ».

Pourtant les travaux en cours, les beaux discours sur la voiture électrique n’ont pas empêché la mise en vente du site.

La mise en vente de l’usine par Mercedes-Benz s’inscrit dans un climat d’attaques contre les droits de travailleurs du site. En 2015, la direction du site imposait un référendum patronal sur le retour à 39 heures de travail hebdomadaires, payées 37. Yves Schmitt, directeur de la communication de l’usine affirmait alors « nous étions à 37 heures déjà, et on passe au 1er octobre à 39 heures. Lors du premier changement, de 35 heures à 37, il y avait eu une augmentation de salaire, mais pas cette fois ». En 2017, c’est sur la réduction du RTT que l’entreprise avait décidé de faire des économies, sur fond de menaces de délocalisation et de pertes d’emplois. La direction assurait alors promettre de ne procéder à aucun licenciement en contrepartie.

Dominique un travailleur, en chômage partiel, pendant le confinement, interviewé par le parisien affirme aujourd’hui. « En 2015, on a signé par référendum un pacte pour travailler 39 heures payées 37. C’était pour pérenniser nos emplois. Et quand Daimler a annoncé son investissement de 500 millions, on s’est dit que nos efforts avaient payé, aujourd’hui on a un sentiment de gâchis ».

Les délégués syndicaux ont également exprimé leur colère et leur dégoût face au choix de la direction. « Tout ce qu’on nous promettait, les embauches, la reprise d’activité, la pérennité du site... On peut faire tous les efforts qu’on veut, le groupe nous lâche après avoir tiré le maximum des salariés ». « On s’est battus comme des diables pendant cinq ans, on a fait des sacrifices pour avoir des projets, on a eu des projets et maintenant on nous dégage ! ».

Pourtant Daimler, le sous-traitant qui dirige le site, n’est pas menacé de faillite, tout comme Mercedes-Benz. Ils font partie des principaux groupes industriels et font tous les ans des milliards de profits.

Alors que la crise austérité et les plans d’attaques contre les travailleurs se multiplient, Macron octroyait 8 Milliards pour « soutenir la filière automobile ». On le voit aujourd’hui, cet argent va finir dans les caisses du patronat, tandis que les salariés subissent plans de licenciements, attaques contre leurs acquis sociaux et fermetures d’usines. Contre le patronat et le gouvernement, il est plus que jamais nécessaire de coordonner l’ensemble du secteur afin d’obtenir l’interdiction des licenciements, des baisses de salaires et des fermetures, ainsi que le rejet de tous les accords de performance et de compétitivité qui sont autant d’attaques contre les conditions de travail. Que ce soit les maison-mères ou aujourd’hui les sous-traitants comme Daimler, l volonté de faire payer la crise aux travailleurs est la même, c’est tous ensemble qu’il s’agit de s’organiser pour refuser ces attaques.




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