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Stratégie de pression

« Mettre l’économie à genoux » : Berger condamne le mot d’ordre et cherche à discréditer la reconductible

Sur LCI, ce mardi 7 mars, Laurent Berger a répondu de manière cinglante au mot d’ordre « mettre l’économie à genoux » employé par cinq fédérations CGT : « c’est hors de question ». Une condamnation claire qui montre que si la CFDT a été poussée à changer de ton, elle s’oppose toujours aussi fermement à la généralisation d’une grève reconductible.

Damien Bernard

7 mars 2023

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« Mettre l'économie à genoux » : Berger condamne le mot d'ordre et cherche à discréditer la reconductible

Crédits photo : Capture d’écran LCI

Interrogé ce mardi 7 mars sur LCI à propos du mot d’ordre « mettre l’économie à genoux », Laurent Berger a été cinglant : « l’économie à genoux, cela veut dire nos emplois » a-t-il rétorqué, avant de préciser : « il est hors de question de le faire pour la CFDT, ça a toujours été très clair ». S’il a condamné l’expression, Laurent Berger a également regretté que ce mot d’ordre soit instrumentalisé, « y compris de la part du gouvernement », pour « décrédibiliser le mouvement dans son ensemble ». Une manière de se délimiter du gouvernement tout en rassurant sur le caractère minoritaire de ce mot d’ordre.

Condamnation de « l’économie à genoux » : Laurent Berger en phase avec le gouvernement

Avec cette condamnation, le dirigeant de la CFDT répond directement au discours formulé par cinq fédérations de la CGT (Ports et Docks, Cheminots, Industries chimiques, Verre et Céramique et Mines-Énergie) qui appellent à la grève reconductible. L’expression avait en été utilisée jeudi 2 mars par Emmanuel Lépine, secrétaire général de la FNIC-CGT qui, à propos du 7 mars et ses suite, affirmait : « si la question est de savoir s’il faut mettre à genoux l’économie française, la réponse est oui ».

Une sortie que le gouvernement a condamné avec force à la veille du 7 mars. « Mettre l’économie à genoux, c’est en réalité mettre les travailleurs à genoux. C’est mettre ceux qui rencontrent déjà des difficultés dans des difficultés encore plus grande », a affirmé ce lundi sur France info le ministre du Travail Olivier Dussopt. Et d’ajouter que la mobilisation à venir « ne change pas le caractère nécessaire de la réforme », réaffirmant la détermination du gouvernement à imposer sa réforme.

Les déclarations de Laurent Berger ce mardi font ainsi écho à celles du gouvernement. Si elles réaffirment la ligne rouge de la CFDT sur la question du « blocage », reprenant presque mot pour mot son argumentaire. Des déclarations conjointes qui constituent une offensive ouverte contre l’aile pro-reconductible de la CGT.

Derrière la condamnation, Laurent Berger s’oppose la grève reconductible

Cette condamnation du mot d’ordre « l’économie à genoux » vient appuyer la bataille acharnée que mène Laurent Berger depuis le début du mouvement contre la grève reconductible. Sur LCI, celui-ci a ainsi réaffirmé que « la CFDT n’appelle pas à la grève reconductible ». Mais il a également développé un discours cherchant à opposer la grève reconductible aux aspirations « des travailleurs du transport, de l’agroalimentaire, de la propreté, de la sécurité privée, de l’hôpital » en affirmant qu’ils « ne veulent pas d’une grève par procuration » et « veulent participer à la contestation de cette réforme. »

Alors que différents secteurs du monde du travail appellent à la grève reconductible contre la réforme des retraites, les propos de Laurent Berger cherchent à faire un amalgame scandaleux entre cette stratégie et la « grève par procuration ». Une falsification qui permet à la direction de la CFDT de légitimer sa volonté de limiter les aspirations à « durcir » le mouvement de la masse des travailleurs pour défendre la stratégie de journées de mobilisation isolées.

C’est dans ce sens que le dirigeant de la CFDT a réitéré son appel à une « grosse journée de mobilisation dans le calme et la responsabilité » ce 7 mars. Il a également interpellé le gouvernement, l’incitant à avoir en retour « une réponse à la hauteur de l’une des plus grosses mobilisations de ces 40 dernières années » et appelant Emmanuel Macron à ne pas « rester sourd ». Une façon pour Laurent Berger de rejeter après ce 7 mars la balle dans le camp du gouvernement, et d’utiliser le 7 mars et les grèves sectorielles comme un appui à sa stratégie de pression.

Ce soir, l’intersyndicale doit appeler à généraliser la grève reconductible

Après la journée de mobilisation historique de ce 7 mars, une nouvelle intersyndicale se réunira ce soir. Sur LCI, Laurent Berger a déjà affirmé que si le gouvernement refuse de céder aux manifestants, une réponse commune de l’intersyndicale sera décidée, laissant sous-entendre de nouvelles mobilisations « dans les jours et semaines à venir » et réaffirmant que la CFDT ne défendrait pas la grève reconductible.

Une position qui va à l’encontre du soutien majoritaire de la population à une telle perspective, mais aussi à des fédérations de la CFDT comme la CFDT Cheminots. Dans ce cadre, il est fondamental que la base dénonce ces sorties, et exigent de ses directions et de l’intersyndicale un appel clair à la grève reconductible. Après un 7 mars historique, il est plus que nécessaire que les Assemblées Générales, qui se réuniront se prononcent en ce sens, pour donner un prolongement à « l’arrêt de la France » par la grève reconductible et par l’élargissement des revendications à la question des salaires.


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