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Notre classe

Mobilisation dans les centrales nucléaires : maintenir les baisses de charge ou stopper la production ?

Dans la première manche de la bataille contre la réforme des retraites, les énergéticiens ont été un des secteurs importants de la lutte. Aujourd’hui, c’est notamment autour des centrales nucléaires que la mobilisation se poursuit, avec de nombreux blocages filtrants qui se maintiennent, réduisant la production.

samedi 8 février

Ce sont des démonstrations de force importantes que l’on a pu voir dans ces grandes concentrations de travailleurs de l’énergie, avec des rassemblements massifs dans les salles des machines comme à Gravelines ou à Bugey pour ne citer qu’eux :

Au-delà de la réforme des retraites et du statut spécifique des énergéticiens, c’est notamment une bataille contre le projet Hercule qui renforce la détermination des grévistes, nous en parlions depuis son lancement c’est une véritable privation d’EDF qui s’annonce, avec évidemment de fortes conséquences sur les travailleurs de l’énergie.

Depuis le 5 décembre, en plus de la grève, de nombreuses coupures d’énergies ciblées, en soutien à d’autres secteurs en lutte ou sur des centres économiques ont étés faîtes par les travailleurs en luttes. Dans les centrales, ce sont d’autres moyens de pressions qui sont utilisés, avec notamment des blocages filtrants induisant un ralentissement de la production. Ce sont des baisses de charges contrôlées que pratiquent les travailleurs.

« Couper la production, c’est une marche qui n’a encore jamais été franchie, mais l’idée s’installe dans les têtes »

Pour l’instant, les baisses de production se poursuivent mais les travailleurs ont à plusieurs occasions rappelé qu’ils pouvaient monter le cran, en effet, le 28 janvier c’est un réacteur entier qui a été mis à l’arrêt dans la centrale du Bugey. L’étape suivante serait évidemment une coupure plus généralisée de la production, d’après Charles-Adrien Carlhant, délégué CGT, c’est une « idée [qui] s’installe dans les têtes  » et qui pourrait amener à un « black-out en France, mais aussi en Europe. » si l’action est coordonnée dans plusieurs centrales.

Aujourd’hui la question n’est pas nécessairement d’actualité, mais la colère latente chez les énergéticiens laisse planer ce type d’action lors des prochaines manches de la bataille contre la réforme des retraites ou autre.

« On est obligé d’importer de l’électricité »

Depuis le début de la mobilisation, entre les passages en heures creuses mais surtout baisses de charges coûtes chère à EDF, l’arrêt du réacteur de Bugey aurait par exemple coûtait 1 millions par jour à l’entreprise ! Le journal Reporterre rapporte les propos de la direction d’EDF qui concède que « le mouvement social a un impact financier non négligeable  ». Cela pousse même EDF à importer de l’électricité.

Les énergéticiens annoncent la couleur

Dans la période à venir, ce sont de nouveaux moyens d’actions qui sont discutés, avec notamment une pression sur le calendrier des arrêts de tranches. Ces périodes d’arrêts des centrales sont en effet planifier de manière très précise. Lors des contrôles ou des travaux, les différentes centrales de France accueil des milliers de travailleurs supplémentaires, perturber ces plannings fera perdre des sommes astronomiques à EDF. Les différents syndicats ont d’ores et déjà annoncé qu’à partir de maintenant les arrêts de tranches seraient sous contrôles, avec des blocages mais aussi de potentiels refus de mettre les réacteurs à l’arrêt, retardant le début des travaux, alors que les travailleurs supplémentaires prévus seront tout de même payé.

Les prochains temps s’annoncent de fait combatifs, en prenant en compte les liens créés durant les deux derniers mois, il s’agira de voir si un départ collectif en reconductible pourra se faire. Dans un article de Médiapart, la volonté d’une travailleuse d’« aller le plus vite possible rejoindre les camarades sur les incinérateurs en arrêt en région parisienne  », semble aller dans le sens de ce type de coordination.