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Politique

Catastrophe écologique

Nestlé responsable de la mort de trois tonnes de poissons dans les Ardennes

La station d’épuration d’une usine du géant de l’agroalimentaire Nestlé a déversé au début de la semaine des coulées de boues dans une rivière de l’Aisne, avec des conséquences désastreuses pour la biodiversité.

jeudi 13 août

Crédit image : AFP / Boris HORVAT

Un « débordement ponctuel et involontaire d'effluents de boues biologiques », comme le décrit le porte-parole de la multinationale, a été détecté dans la station d’épuration de l’usine Nestlé située dans l’Aisne. Ces coulées de boues ont entraîné jusqu’en milieu de semaine une baisse de l’oxygène dans l’eau de la rivière au niveau de Challerange où se situent l’usine et sa station d’épuration, et une mortalité impressionnante pour la biodiversité. « Tout est mort sur une portion de 7 km et 30 mètres de large », décrit le président de la Fédération de pêche des Ardennes au Figaro.

Trois tonnes de poissons morts ont déjà été récupérés, dont des poissons « de plus de 1,5 mètre de long » comme le raconte le président de la société de pêche de Challerange, pendant que le président de la Fédération de pêche des Ardennes rapporte que «  14 espèces ont été touchées dont des espèces protégées comme l’anguille ou la lamproie ». Une catastrophe écologique dont le directeur de l’usine Nestlé (qui fabrique du lait en poudre pour des capsules de café) essaye bien de se défaire de la responsabilité, et prétend dans des propos rapportés par L’Usine Nouvelle qu’on « ne sait pas dans quelle mesure nous [Nestlé] avons contribué à cette pollution ».

Depuis mardi dernier, des bénévoles et des sapeurs-pompiers procèdent à l’enlèvement des poissons morts de la rivière. C’est au géant de l’agroalimentaire de payer pour les conséquences de cette catastrophe. La désinformation du gouvernement autour du scandale de Lubrizol a montré qu’il n’y a aucune confiance à accorder au gouvernement face à ces désastres écologiques, et encore moins au patronat.

La réouverture de Lubrizol en décembre dernier malgré les risques montrait déjà que les grands industriels, avec le soutien du gouvernement, sont prêts à tout pour conserver leurs profit, au mépris de la santé publique et de l’écologie. Les déclarations du directeur de l’usine Nestlé vont également dans ce sens, tout pour se décharger de la responsabilité du désastre jusqu’à essayer de blâmer la mortalité piscicole sur la rivière elle-même : « Il faut savoir qu’à cet endroit, le niveau de l’Aisne est déjà très bas et qu’avec la chaleur, la quantité d’oxygène contenue dans l’eau est très faible ». Face à cette irresponsabilité patronale et gouvernementale, le scande de Lubrizol, où les travailleurs ont été les seuls à dénoncer les risques que prenait l’entreprise nous a déjà rappelé que les seuls à vouloir et à pouvoir prendre les bonnes décisions sanitaires et environnementales pour la production sont les travailleurs eux-mêmes.




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