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Jeunesse

LES FACS DANS LA BATAILLE

Paris 3 : 200 étudiants et professeurs s’organisent pour étendre la grève à l’université

Ce vendredi 17 janvier, se tenait à Paris 3 une assemblée générale qui a réuni 200 étudiants et personnels de la fac. Aux profs en grève et étudiants mobilisés, se sont joints plusieurs agents de la RATP en grève depuis 44 jours pour une assemblée combative, déterminée à organiser la suite de la mobilisation.

samedi 18 janvier

C’est au lendemain d’une journée de manifestation importante qu s’est tenue, pour clôturer cette semaine d’action sur la fac, une Assemblée générale des personnels de l’université, suivie d’une assemblée mixte avec l’arrivée des étudiants qui les ont rejoints à 11h. Au plus haut, environ 200 personnes étaient donc la pour discuter de la situation nationale depuis le 5 décembre, mais aussi de la mobilisation sur l’université et des perspectives pour renforcer le mouvement.

Un mouvement qui commence à se durcir / se déployer à la fac

A l’image de ce qu’on a pu constater dans la rue ce 16 janvier à travers un cortège de jeunesse et du milieu universitaire (enseignants chercheurs, doctorants, labos de recherche) très réussi, il semblerait que plusieurs universités montrent en ce début d’année 2020 une détermination à peser dans la lutte. C’est le cas de Paris 3 où, depuis lundi, une véritable dynamique de mobilisation s’est relancée, après les vacances et les partiels.

Après une première assemblée générale lundi dernier, où un grand nombre d’enseignants chercheurs, soutenus par les étudiants, se sont déclarés en grève, et une semaine de travail pour mobiliser la fac dont plusieurs Assemblées Générales d’UFR (Unité de Formation et de Recherche), c’est d’un départ commun en manifestation très réussi ce jeudi (250 au départ de la fac) que se félicitent les personnes présentes. Sur la base de ce constat, c’est ainsi sur l’organisation de la suite du mouvement, et en particulier sur la fac, que s’oriente la discussion.

Après des débuts d’un mouvement historique auquel la jeunesse a pour l’instant pris part de manière assez discrète, c’est contre cette timidité à l’engagement et pour saisir l’opportunité brûlante de gagner face au gouvernement, que s’exprime une tension dans l’assemblée. Ainsi, des groupes s’organisent, se mettent en place pour que les incantations à se mobiliser ne restent pas lettre morte dans un moment où le mouvement de grève, qui dure depuis 44 jours, voit un besoin pressant d’être rejoint par de nouveaux secteurs pour lui permettre de tenir jusqu’à la victoire.

L’adresse aux étudiants et aux personnels de grévistes de la RATP : les liens inter-professionnels et la généralisation de la grève pour gagner

Alors que le gouvernement, les médias, et la direction de la RATP aimeraient faire croire à une extinction du mouvement et à un retour à la normale lundi, plusieurs grévistes de la RATP sont venus à cette Assemblée Générale, montrant qu’il n’en était rien. L’heure, loin d’être à l’abandon, est pour eux à la généralisation de la grève, et c’est avec un appel fort à les rejoindre dans la bataille qu’ils sont venus s’adresser aux étudiants et personnels rassemblés.

C’est dans ce sens que Yassine, gréviste du centre bus de Malakoff en reconductible depuis 44 jours commence son intervention, en appelant à rejoindre le mouvement, mais aussi à se joindre massivement aux actions et rassemblement contre la répression. Face à la répression, l’ensemble de ceux pour lesquels luttent les grévistes qui se font frapper, comme sa collègue Irène, ou menacer de procédures disciplinaires, doivent faire bloc et faire entendre leur solidarité. Enfin, c’est en invitant à rejoindre la coordination SNCF-RATP - qui depuis le début du mouvement, travaille à organiser la grève à la base - pour construire les perspectives de la suite de ce combat, que Yassine rend le micro sous les applaudissements.

A sa prise de parole, répond plus tard dans l’AG celle de trois grévistes de la ligne 8 du métro. Pour eux, il est nécessaire que ce mouvement gagne pour que le « virage important » qui est en train de se jouer, n’amène pas sur la ligne droite du monde que tente de nous imposer Macron, de précarité et de privatisation. C’est en rappelant que le monde entier a les yeux rivés sur ce qu’il se passe en France, et que ce combat est celui de l’ensemble de la société que les grévistes finissent leur intervention, en évoquant les difficultés de ce mouvement qui dure et a nécessité de le rejoindre.

La présence et le discours de ces grévistes, très appréciés et applaudis, illustrent au mieux cette union qui fait si peur au gouvernement. Celle des travailleurs et de la jeunesse étudiante, qui a fait trembler de nombreux gouvernements, et a fait gagner des grèves historiques. ET c’est bel et bien cette solidarité et celle union dans la lutte qui semblent se consolider, comme en témoigne la caisse de grève, alourdie de plus de 380 euros à la fin de l’AG, avec laquelle repart Yassine pour les grévistes du centre bus de Malakoff !

C’est ainsi en votant la reconduction de la grève, en programmant la prochaine AG pour le 24 janvier, et en préparant une nouvelle semaine de mobilisation que se dissout l’assemblée, pour rejoindre ou préparer actions, rassemblements, réunions de coordinations ou rencontres interfac, dans une atmosphère combative.




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