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Politique

Paris. Plus de 10.000 pompiers déterminés défilent malgré la répression policière

Les pompiers qui ont manifesté hier à Paris se sont fait violemment réprimés dans une manifestation qui avait beaucoup de points communs avec ce que nous avons connu tous les samedis avec les gilets jaunes.

mercredi 16 octobre

Les pompiers ont manifesté hier entre République et Nation. Alors que certains sont mobilisés depuis juin ils étaient 10 000 à répondre présent à l’appel. Leurs revendications portaient sur le manque de moyens et d’effectifs qui dégradent leurs conditions de travail, une revalorisation des salaires par une augmentation de la prime de feu (afin qu’elle soit égale à d’autres métiers à risque) et enfin pour protester contre l’augmentation des agressions contre les sapeurs-pompiers lors des interventions. Cette dernière revendication a été actualisée par de nombreuses violences policières durant la manifestation.

De premiers affrontements avec l’important dispositif policier qui encadrait la manifestation ont eu lieu vers 15 h, mais c’est à l’arrivée place de la Nation que la répression a véritablement commencé. Quelques représentants syndicaux qui ont été reçus par le directeur de cabinet de Cristophe Castaner arrivent sur la place et annoncent "n’avoir rien obtenu". Une partie des pompiers décident donc de continuer la manifestation, bien conscients qu’une simple journée de mobilisation n’a aucune chance d’aboutir face à un gouvernement qui n’a que l’austérité à la bouche.

Par centaines ils tenteront, plusieurs heures durant, de bloquer le périphérique, la police intervient alors une seconde fois avec grenades de désencerclement, gaz lacrymogènes, LBD et canon à eau. Deux manifestants ont été blessés à la tête et au tibia. Durant plusieurs heures les manifestants et forces de l’ordre joueront au chat et à la souris, la quantité de gaz lacrymogène est telle que les élèves des écoles aux alentours de Nation seront eux-aussi complètement asphyxiés.

De nombreux pompiers crieront leur indignation face à une répression qu’ils jugent - à juste titre - complètement disproportionnée et illégitime. Sur les réseaux sociaux de beaucoup de vidéos ont tournées comme celle-ci montrant ces deux pompiers qui semblent désespérés dans un nuage de gaz :

Celle-ci montrant un pompier se faisant ruer de coup tandis que le journaliste qui essaie de faire son travail se fait chasser par un autre CRS :

Ou encore celui-ci qui laisse exploser sa colère la plus brute contre le gouvernement et Macron

Ces images et le déroulé de la manifestation rappellent par bien des aspects le mouvement des gilets jaunes. Une mobilisation juste, une colère juste qui dépassent les cadres de la simple journée d’action syndicale - qui n’a jamais rien fait gagner - avec des tentatives de blocages, notamment du périphérique comme cela avait été le cas des premières journées des gilets jaunes. Mais surtout comme simple réponse du gouvernement : la police et sa répression. Qui tape et durement. C’est un autre point commun avec les gilets jaunes : la désillusion sur le véritable rôle de la police. Alors qu’une partie des gilets jaunes hier et des pompiers aujourd’hui était loin d’être "anti-police" la répression laisse des marques et pas que des bleus. Si bien qu’une partie des manifestants ont passé une partie de la soirée à s’affronter avec les forces de l’ordre par colère, dignité et dégoût quant à la répression.

Les mouvements sociaux se suivent et se ressemblent, preuve que la séquence ouverte par les gilets jaunes ne s’est pas refermée. Tous les travailleurs doivent-ils se faire gazer, matraquer chacun leur tour pour que la convergence s’effectue ? Face à la répression et au mépris social du gouvernement doit s’organiser une mobilisation d’ampleur qui regroupe tous les secteurs et les travailleurs qui veulent un monde plus juste. La question des retraites peut donner l’occasion d’une telle lutte. Et si la répression est au rendez-vous, comme c’était le cas hier n’oublions jamais qu’un gouvernement qui réprime est un gouvernement faible qui ne trouve que la police comme dernier rempart entre la volonté de justice des exploités et les intérêts des exploiteurs.

Crédit photo : SL / actu Paris




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