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Politique

Vu sur Nantes Révoltée : enquête de Reporterre et Mediapart

Plus d’1 million d’euros pour surveiller les antinucléaires de Bure !

Nous relayons ci-dessous un post de Nantes Révoltée : "Une longue enquête conjointe de Reporterre et Mediapart a révélé la surveillance d'une ampleur hallucinante mise en œuvre contre les écologistes qui s'opposent au projet nucléaire de Bure, dans l'est de la France. Un nouvel article en dévoile le coût : 1 million d'euros en écoutes et analyses d'ordinateurs, vols d'ADN sur des culottes, perquisitions, salaires d'enquêteurs …"

mercredi 29 avril

Source du post Facebook : ici

C’est l’occasion de rappeler que pour réprimer, les moyens sont illimités. Les opérations d’expulsions à Notre-Damdes-des-Landes, mobilisant des milliers de gendarmes, des blindés, des drones et des hélicoptères avaient coûté des millions d’euros en quelques jours seulement. Pour écraser les opposants, il y a de l’argent magique !

Extraits de l’article :

« Le résultat est colossal : d’après nos calculs, environ un million d’euros ont d’ores et déjà été dépensés par la justice et la gendarmerie. « Dans ce dossier, on est face à un problème de proportionnalité, résume Me Alexandre Faro, avocat d’une militante placée sous le statut de témoin assisté. Les faits ne sont pas d’une gravité énorme, quelques personnes qui ont fait une connerie et une manif non autorisée comme il y en a tous les jours… Mais en face, on a une instruction criminelle avec des moyens pour le moins inhabituels. J’y vois une volonté de criminaliser les mouvements politiques écologistes. »

[...]

Sur les douze clients présents à l’hôtel ce soir-là, seuls trois décident de porter plainte Je n’ai subi aucun préjudice moral ou financier. Mon entreprise n’a subi également aucun préjudice », répond un client à un gendarme qui le relance pour savoir s’il souhaite porter plainte. Le 28 juillet, une information judiciaire est ouverte contre X des chefs de « dégradation par moyens dangereux et association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni de dix ans d’emprisonnement ».
En réalité, il officialise ainsi « la cellule Bure » : un groupe de gendarmes enquêtant sur « les agissements délictueux commis par les opposants au projet (Cigéo) ».

[...]

Lors des interventions sur le terrain, le nombre de gendarmes impliqués grimpe exponentiellement. Environ 150 militaires lors de la vague de perquisitions de juin 2018 concernant quatorze lieux, avec une centaine d’entre eux rien que pour la perquisition de la Maison de résistance […] D’autres coûts que nous n’avons pas pu objectivement évaluer devraient être pris en compte, comme les transports en groupe des gendarmes et les rotations d’hélicoptères qui accompagnent les perquisitions.

[...]

La cellule possède aussi son propre écusson, que nous avons pu nous procurer : l’insigne de la gendarmerie devant un bidon nucléaire, surmonté d’un masque à gaz, entouré par les oiseaux du drapeau de la Lorraine. Et autour de l’écusson : « Gendarmerie nationale - Cellule Bure - 55 ». Cette cellule représente la part la plus importante du budget de l’enquête : jusque 772.000 euros

[…]

En octobre 2017, juge et procureur valident — selon les devis signés que nous avons pu consulter — une expertise de 31.000 euros pour analyser 27 ordinateurs et 25 téléphones saisis lors des perquisitions. Avril 2018 : 10.000 euros pour rechercher les empreintes génétiques dans des masques et pétards placés sous scellés. Août 2018, 20.000 euros pour extraire des données de matériel informatique. Octobre 2018 : 32.000 pour une nouvelle expertise informatique. Le coût total des 59 expertises que compte le dossier dépasse aujourd’hui les 180.000 euros.

[…]

En additionnant le total de ces coûts, d’après nos estimations, l’instruction ouverte à l’été 2017 pour deux départs de feu, une manifestation non autorisée et la dégradation d’une clôture et d’un interphone aura déjà coûté à l’État entre 894.708 à 1.027.910 euros.

[…]

Le projet d’enfouissement de déchets nucléaires en couche profonde est pourtant pharaonique : les déchets radioactifs les plus dangereux des centrales françaises doivent y être enfouies à 500 mètres de profondeur pour des centaines de milliers d’années. Les opposants craignent des accidents aux effets irréversibles. l’État est prêt à déverser des dizaines de milliards d’euros dans le chantier à venir. Les moyens de l’Andra dépassent tous ceux dévolus à la recherche française. Face à cela, dépenser un million d’euros pour surveiller quelques dizaines d’activistes passe presque inaperçu. Une discrète note de bas de page de l’histoire de l’atome en France. »

L’article complet à lire et faire lire ici : https://reporterre.net/L-Etat-a-depense-un-million-d-euros-contre-les-antinucleaires-de-Bure




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