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Jeunesse

Hausse des frais d’inscription

Pour Aurore Bergé, il est légitime que les étudiants étrangers payent plus que les “français”

Aurore Bergé trouve "légitime que les étudiants étrangers qui veulent venir en France puissent contribuer plus que les étudiants français"

lundi 17 juin

Crédit photo : La Voix du Nord / AFP

Aurore Bergé, qui établissait en avril, à propos de laïcité, que "l’art d’être français" dépendait du contrôle des frontières, continuait ce matin de mener bataille, en vue des municipales, sur les thèmes de l’extrême-droite. Interrogée sur BFMTV par Jean-Jacques Bourdin sur la "question" de l’immigration, la députée des Yvelines et porte-parole de La République En Marche, évoquait la possibilité de mettre en place des quotas, dans la continuité des propos de Castaner dimanche dans le JDD, avant de déclarer qu’il était "légitime que les étudiants étrangers qui veulent venir en France puissent contribuer plus que les étudiants français". Une forme de "préférence nationale", dont les premiers exclus sont les étudiants extra-européens.

Des nouveaux propos qui viennent confirmer la dimension profondément raciste du plan cyniquement nommé "Bienvenue en France" annoncée par le Premier ministre Édouard Philippe en novembre dernier, aujourd’hui en vigueur. Pour rappel, les frais d’inscription à la rentrée prochaine grimperont jusqu’à 3 370 euros par année pour les étudiants résidant hors de l’union européenne. Ainsi les étudiants africains, qui représentent actuellement 46 % des étudiants étrangers en France, sont directement atteint par la mesure. Depuis l’application des nouveaux tarifs sur le site Campus France, la Conférence des président d’université (CPU) "estime la baisse générale des demandes d’étudiants africains « de l’ordre de 30 % à 50 %" relève Le Monde.

Ce "mur de l’argent" et qui plus est raciste, constitue une attaque en règle contre l’enseignement supérieur et la recherche en France. "Cela va avoir des conséquences à tous les niveaux. Le master alimente le doctorat, forcément il va y avoir moins de candidats. Des pans entiers de la recherche peuvent s’effondrer dans les laboratoires qui dépendent en partie d’étudiants étrangers. La connaissance n’est pas circonscrite à un pays, la recherche avance car les gens se mélangent" dénonçait le secrétaire national Snesup-FSU, Pierre Chantelot. Par ailleurs, cette mesure du gouvernement s’inscrit dans la droite ligne de cette politique de réduction depuis 2008 des moyens alloués à la recherche et à l’enseignement supérieur, en baisse, proportionnellement à l’augmentation du nombre d’étudiants. "Si l’on combine l’évolution du budget de l’enseignement supérieur (d’à peine 10 % en euros constants) et celle du nombre d’étudiants (20 %), alors la conclusion incontournable est que le budget par étudiant a chuté de près de 10 % en France entre 2008 et 2018" démontrait Piketty en 2017.

Si des dizaines d’universités ont déclaré tout faire, concernant l’année à venir, pour exonérer une partie des étudiants étrangers de la hausse, ces actes de résistance demeurent subordonnés aux possibilités matérielles et financières des établissements, dont les manques de moyens sont déjà criants. La jeunesse et le corps enseignant doivent s’inspirer de la détermination des Gilets Jaunes afin de renouer avec leurs esprits combatifs pour balayer le si mal nommé "plan Bienvenue En France" du gouvernement.




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