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Politique

Provocation policière. Tous à Stains pour défendre la mémoire de George et Adama

Le syndicat de police Alliance 93 cherche à intimider le mouvement contre le racisme et les violences policières, en appelant à manifester devant la fresque d'hommage à Floyd et Traoré. Sous pression, le syndicat de police a renoncé. Il est un impératif de défendre massivement la mémoire de toutes les victimes du racisme d'Etat en se rassemblant devant l'œuvre d'art à 16 heures.

lundi 22 juin

La réalisation à Stains d’une fresque en hommage à Adama Traoré et George Floyd est la nouvelle excuse de la police pour tenter d’intimider le mouvement contre le racisme et les violences policières. Son inauguration jeudi en présence du Comité Adama a suscité la colère de la police, qui a choisi de manifester dans cette ville populaire ce lundi.

Face à cette énième provocation de la part de la police, qui enchaîne les démonstrations de force depuis plusieurs semaines malgré que Castaner leur ait accordé le droit de continuer à faire des clés d’étranglement, le Comité Adama a décidé de riposter en organisant une contre-manifestation à 16 heures.

"Le syndicat de police Alliance 93 appelle à une action ce lundi 22 juin à Stains. A repeindre la fresque qui représente le visage de mon frère Adama Traoré et de George Floyd. C’est un geste infâme et injurieux qui représente bien la justice française. Effacer mon frère, recouvrir son visage, c’est nier son existence et celle de tous les autres morts entre les mains des forces de l’ordre. Effacer le visage de mon frère, le sourire de mon frère, c’est piétiner sa mémoire, offenser ma famille, faire disparaître son nom (...) C’est bafouer le droit et la justice, c’est revendiquer l’impunité policière. (...) C’est profaner nos morts. C’est insulter nos morts ". Les mots d’Assa Traoré résument parfaitement la nécessité de défendre activement les victimes de violences policières face aux velléités de la police pour faire taire ceux qui portent haut et fort leur mémoire. Le combat pour la vérité et la justice d’Adama Traoré cristallise la lutte contre un racisme systémique qui use de tous les moyens (mises en examens, manifestations de policiers, irruption au domicile de Assa) pour faire taire la contestation.

En effet, le mouvement inédit contre le racisme et les violences policières, né du meurtre de George Floyd aux Etats-Unis, semble inquiéter le gouvernement et la police, profondément remis en question. Si le maire PCF de Stains Azzédine Taïbi cède à la pression du syndicat Alliance 93 en assurant que la fresque "n’est en aucun cas une attaque sur l’ensemble des policiers", il est certain que la meilleure réponse à donner est celle de la rue, comme y appelle le Comité Adama.

Finalement, les policiers ont décidé de manifester devant la préfecture de la ville de Bobigny dans le 93 plutôt que devant la fresque où vont se retrouver ceux qui luttent contre les violences d’Etat et l’impunité policière. Le signe qu’en ripostant et en refusant de céder aux intimidations de la police, il est possible de la faire reculer. Il s’agit désormais d’être massifs devant la peinture murale, pour exiger Justice et vérité pour toutes les victimes de violences policières mais aussi refuser toutes les formes d’intimidation de la part du bras armé de l’Etat.




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