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Politique

Racisme, discriminations : sur Brut, Macron annonce... un nouveau numéro vert !

On a plus de chances de se faire contrôler quand on n’est pas blanc reconnaît Macron. Qu’à cela ne tienne, le rempart contre l’extrême droite désormais pourfendeur du racisme sort les grands moyens et… un numéro vert !

vendredi 4 décembre 2020

Contesté par la presse et la jeunesse pour ses lois liberticides, Macron s’est donné dans un nouvel exercice de théâtre, après la culture cet été, la jeunesse. En effet, Macron commence a essayé d’axer sa campagne vers la jeunesse depuis la fin du mouvement des Gilets jaunes. Tout d’abord en jouant la carte de l’écologie et de la démocratie pseudo-participative avec le grand débat puis la convention citoyenne. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Son soutien au grand patronat le plus pollueur et au lobby des produits phytosanitaires a vite terni le vernis vert qu’il avait essayé de s’appliquer.

Au mois de juin, nouveau camouflet. Des dizaines de milliers de jeunes ont pris la rue conter le racisme et les violences policières à la suite des mobilisations internationales après la mort de George Floyd et pour réclamer justice et vérité pour Adama et toutes les morts provoquées par les forces de répression. C’est cette vague de mobilisation qui a poussé le pouvoir à se ranger derrière les syndicats de policier, et à enclencher le virage autoritaire, liberticide et raciste qui s’incarne aujourd’hui dans la loi sur le séparatisme et la loi sur la sécurité globale. Les marches de ces dernières semaines contre cette loi ont massivement rassemblé des jeunes qui se lèvent contre cette attaque autoritaire du gouvernement qui muscle son bras armé face à une crise économique qui se fait déjà sentir, prévient déjà les mobilisations qui vont nécessairement arriver et en permettant toujours plus d’impunité pour les exactions policières.

Le Canard Enchaîne dévoilait hier que Macron s’inquiétait de ne pas pouvoir apparaître comme un rempart de la liberté face à Marine Le Pen en 2022, notamment face aux jeunes. Macron a donc souhaité donner un entretien à Brut aujourd’hui, interrogé par le journaliste Rémy Buisine, frappé et menacé à plusieurs reprises par la police lors de l’évacuation du campement sur la place de la République.

Lors de cet entretien, Macron a affirmé vouloir dénoncer les violences de certains policiers, en insistant d’abord sur les violences contre les policiers. Il a rappelé les policiers tués mais pas les personnes qui ont été tués ou sont passés à très peu de l’être par la police.

N’ayant pas peur du ridicule, Macron met en avant la « systématisation » de la caméra pour les policiers. Un aveu que l’image n’est pas tant le problème mais bien qui la détient : la population, les victimes de violences policières ou la police elle-même et leurs collègues à l’IGPN, ou au mieux la justice qui est la première à défendre le pouvoir, à l’image du procureur de Nice qui avait couvert les mensonges de Macron quand Geneviève Legay s’est faite poussée violemment au sol par des CRS.

Macron tente de renouer avec une image de président libéral progressiste qu’il avait essayé de s’accoler pendant sa campagne. Ainsi, il reconnaît un échec face aux discriminations raciales. Même s’iil faut lui reconnaître une action déterminée et sans concession comme lorsque sept grands groupes français ont été convoqués début juillet par le gouvernement pour suivre une formation.. d’une journée contre les discriminations à l’embauche ! Face à Macron, le racisme n’a qu’a bien se tenir !

Nouvelle mesure musclée et courageuse, Macron annonce un numéro vert et une grande plate-forme pour « dénoncer les discriminations ». Interrogé sur les quartiers populaires et les contrôles, les brimades et les humiliations quotidiennes par une journaliste de Brut, Macron nous dit vouloir s’inspirer de l’action menée contre les violences faites aux femmes. Une mission qui avait largement été sous-traitée à la police.

Les violences policières dans les quartiers populaires sont une longue tradition de l’Etat français, depuis les premières vagues d’immigration nord-africaines et qui n’ont cessé jusqu’à aujourd’hui. Il y a quelque mois, on pouvait entendre un policier à l’Ile-Saint-Denis ricaner « Ca sait pas nager un bicot ». Les habitants des quartiers populaires occupent les métiers les plus ingrats, les plus difficiles, les moins bien payés. Les lignes de bus qui passent dans les banlieues parisiennes n’ont pas désempli pendant le confinement et les quartiers populaires ont payé un lourd tribut pendant le Covid. C’est tout cette longue chaîne d’exploitation et d’oppression raciste qui rend les vies des personnes noires et arabes moins précieuses que d’autres aux yeux de l’Etat. Les logiques de maintien de l’ordre inspirées du maintien de l’ordre colonial et de la guerre contre-insurrectionnelle à basse intensité qui ont lieu dans les quartiers sont aujourd’hui l’expression très concrète du racisme de l’Etat que ne règleront pas des caméras qui seront étonnamment obstruées, ni un numéro vert qui ne sert que de poudre aux yeux. Macron proposait davantage de médiateurs entre les populations et la police, mais les images de Lamine Ba à Sevran qui se fait boxer par un policier https://revolutionpermanente.fr/VIDEO-Sevran-un-mediateur-se-fait-boxer-et-taser-par-la-police-il-finit-a-l-hopital alors qu’il intervient pour calmer une situation est la meilleure réponse à l’hypocrisie présidentielle.

Pour savoir si quelque chose va mal dans la société, il faut chercher le numéro vert. Macron n’a pas peur du ridicule et en ouvre encore bientôt. Reste à savoir si une ligne viendrait à ouvrir pour disposer d’une écoute pour toutes les personnes qui auraient la fâcheuse impression d’être pris pour des cons.




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