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Politique

Pas de justice, pas de paix !

Rennes. Des milliers de personnes exigent justice pour Babacar et toutes les victimes de violences policières

Dans la suite du mouvement impulsé aux États-Unis et des rassemblements pour la justice et la vérité qui se sont tenus partout en France la semaine dernière, plusieurs milliers de personnes se sont réunies à Rennes ce samedi dans une ambiance combative.

mardi 9 juin

Ce samedi 6 juin, de nombreux rassemblements se sont tenus à échelle nationale contre le racisme systémique et les violences policières, depuis l’impulsion de la situation aux Etats-Unis après la mort de Georges Floyd et le rassemblement historique organisé le 2 juin à Paris par le Comité Adama. C’est à 14h que s’est tenu à Rennes un rassemblement contre les violences policières sur l’esplanade Charles de Gaulle. Habituellement utilisée comme point de départ de manifestations, la place Charles de Gaulle a cette fois-ci accueilli plusieurs milliers de personnes pour près de deux heures de prises de paroles, dans une ambiance combative.

L’évènement a été lancé à l’initiative du collectif Justice et vérité pour Babacar Gueye, incarné par Awa Gueye qui se bat depuis maintenant plus de quatre ans afin d’obtenir justice pour son frère, tué par la police en pleine nuit alors qu’il faisait une crise d’angoisse. S’étant mutilé avec un couteau, un agent de la BAC lui a tiré cinq balles dans le dos. C’était le 3 décembre 2015.

Lors de son intervention, très émouvante, Awa Gueye est revenue sur le combat qu’elle mène et sur les obstacles, notamment juridiques, auxquels elle et le collectif sont confrontés :

« Le policier qui a tué mon frère Babacar a demandé une mutation dans une autre ville, il continue à porter ses armes, il continue à porter son uniforme, et ça c’est pas normal ! »

La parole a ensuite été prise par la famille d’Allan, retrouvé décédé au commissariat de Saint-Malo après avoir été interpellé en février 2019. Les tours de paroles se sont ensuite succédé, pour faire entendre la voix de représentants de collectifs militants divers et de personnes s’exprimant spontanément.

Suite au rassemblement, les participant·es ont improvisé une manifestation en direction du centre-ville, qui s’est retrouvée très rapidement freinée par les forces répressives, bloquant l’accès du centre pour les nombreux manifestants qui continuaient de scander « pas de justice pas de paix ». Après quelques affrontements au niveau de Charles de Gaulle, la foule s’est rapidement imposée dans les rues piétonnes, accédant au centre historique de Rennes, généralement inaccessible en temps de manifestation. Cette fois, les manifestants se sont engouffrés facilement dans le centre, réussissant à agréger la population présente, ce qui a redonné de l’ampleur à la manifestation jusqu’en fin d’après-midi.

Cet événement, qui s’inscrit dans la continuité des mobilisations actuelles à l’international contre les violences policières et le racisme d’Etat, est parvenu à réunir plusieurs milliers de personnes quelques semaines après le déconfinement. Outre cette considération quantitative, la force du rassemblement a été de toucher et d’impliquer politiquement du monde au-delà des cercles habituels du militantisme rennais. L’analogie avec les marches pour le climat était frappante, et l’on ne peut qu’espérer que ce regain et cette extension de mobilisation s’inscrive durablement dans la période de lutte qui s’amorce, afin de continuer à exiger justice pour Babacar, pour George et Adama, et pour tous les victimes de violences policières !




Mots-clés

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