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Retour de la Dengue : le spectre d’une nouvelle épidémie dévastatrice en Amérique du Sud

En pleine pandémie du covid-19, l’Amérique du Sud fait face à une autre épidémie historique. Depuis le début de l’année 2020, l’Organisation Panaméricaine de Santé a recensé près de 1 173 000 cas de dengue et 355 décès des suites de la maladie.

lundi 27 avril

Alors que l’épidémie de covid-19 commence à s’accélérer dans les pays d’Amérique Latine, les cas de dengue ont augmenté de manière exponentielle dans le continent. Le bilan de l’année 2019 avait été historique avec plus de 3 millions de cas de dengue et plus de 1500 morts. Aujourd’hui le million de cas a déjà été dépassé. Les pays les plus touchés par l’épidémie actuelle de dengue sont le Brésil (730 612 cas), le Paraguay (215 650 cas), la Bolivie (78 162 cas) et la Colombie (46 266 cas).

La région va donc être confrontée à deux fortes vagues épidémiques en même temps, avec d’un côté la dengue et de l’autre, l’accélération du coronavirus. Les conséquences de cette double crise épidémique risquent d’être désastreuses pour le continent. De plus, le contexte économique et social dans lequel se trouvent les pays du continent vient renforcer gravement l’impact de cette situation sanitaire explosive. Les États latino-américains disposent de moyens très faibles pour y faire face. Les autorités sanitaires craignent une rapide surcharge des systèmes de santé. En effet, pour de nombreux cas, comme le coronavirus, la contraction de la dengue peut nécessiter une hospitalisation. A cette situation s’ajoute le contexte de vulnérabilité d’importants secteurs de la population latino-américaine qui vivent grâce aux activités des secteurs informels.

Cette situation s’explique principalement par des décennies de politiques néo-libérales austéritaires, imposées par l’impérialisme américain et ses avatars comme le FMI ou la Banque Mondiale. Ces politiques de coupes budgétaires ont notamment entériné la privatisation des systèmes de santé, mais aussi, l’appauvrissement d’une partie importante de la population latino-américaine. Les secteurs les plus précaires des populations latino-américaines et les plus appauvris, se retrouvent donc dans une situation dramatique. Puisqu’ils sont à la fois les plus exposés à la double épidémie de dengue et du coronavirus ; et ceux qui disposent d’un accès extrêmement faible à des systèmes de santé défaillants.

Les conséquences sont déjà visibles, et ce de manière dramatique. Fin mars en Équateur, pays le plus fortement touché du continent par le coronavirus, 300 cadavres avaient été récupéré dans les rues de Guayaquil (principal foyer de contamination).

Selon la Commission économique pour l’Amérique Latine (CEPAL), la double épidémie, mêlée au contexte économique déjà fragile et auquel doivent s’ajouter les perspectives d’une crise économique mondiale majeure, va entraîner l’appauvrissement de millions de latino-américains. Le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté (vivant avec moins de 2 dollars par jours) pourrait passer de 185 à 220 millions de personnes.

Les gouvernements du monde entier, européen et étatsunien en tête, brillent actuellement par leur gestion catastrophique de la crise sanitaire. Les gouvernements latino-américains ne sont pas en reste, et ont décidé de mettre en place des politiques de confinement autoritaires, notamment pour les plus précaires, tout en continuant à faire tourner les usines des secteurs non-essentiels, en complicité avec les organisations patronales et les capitalistes nationaux et occidentaux. Au Mexique par exemple, les usines frontalières avec les États-Unis qui produisent des biens non-essentiels comme dans le secteur de l’automobile, continuent de tourner pour les besoins du marché américain, mettant en danger la vie de dizaines de milliers de travailleuses et travailleurs.




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