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Politique

Une gestion erratique

Scandale. Le gouvernement refuse l’aide d’un cabinet vétérinaire capable de réaliser 1000 tests par jours

Alors que le gouvernement tergiverse, l’épidémie continue de faire des morts et les mesures nécessaires à sa prise en charge ne sont pas prises notamment en termes de matériel et sur la question des tests, qui ont fait leur preuve notamment en Corée du Sud. En Indre et Loire un laboratoire vétérinaire s’est vu refusé son aide dans la production de test, une décision qui parait contradictoire au vu du manque de moyens et des difficultés auxquelles font face les soignants.

samedi 28 mars

Crédits photo : AFP

Le gouvernement continue de ne pas déployer les moyens nécessaires contre le Coronavirus

Décidément, difficile de comprendre la doctrine du gouvernement en termes de tests. Après avoir nié leur utilité malgré les avis des experts et les résultats dans les pays qui ont mené des campagnes massives de dépistage, Olivier Véran semblait avoir décidé une augmentation du nombre de tests il y a quelques jours allant même jusqu’à dire vouloir que la France soit à la pointe du domaine et à affirmer : « nous n’allons pas augmenter mais multiplier, démultiplier le nombre de tests sur le territoire ». À Mulhouse, où il était en déplacement pour visiter la région la plus touchée et faire son allocution, Emmanuel Macron promettait de son coté 29 000 tests pour les soignants et dans les EHPAD dans de brefs délais.

Mais, alors qu’un cabinet vétérinaire envoyait une lettre au gouvernement pour proposer de fabriquer 1000 tests, celui-ci s’est vu refuser son aide sous prétexte d’« un argument juridique ». Le laboratoire vétérinaire expliquait ainsi dans la lettre par laquelle il a répondu au gouvernement : « En temps de guerre sanitaire, il nous faut réorienter d’urgence et dans l’intérêt général l’appareil productif des tests […] à cet égard […] notre laboratoire vétérinaire et de biologie Inovalys dispose des équipes, des compétences et des matériels pour effectuer des analyses de biologie moléculaire (PCR) en grande quantité de l’ordre de 1 000 tests COVID-19 par jour ». Les tests PCR étant ceux dont le gouvernement disait vouloir voir la production massive.

Le gouvernement a ainsi refusé cette aide, comme il le fait pour les cliniques privées qui appellent à être réquisitionnées, sous prétexte que le cadre réglementaire est différent « entre médecine humaine et médecine animale ». Une nouvelle démonstration - s’il en fallait encore - des contradictions notoires dans le discours du gouvernement, qu’on voit apparaître ici du point de vue de l’absurdité d’un système administratif et juridique bureaucratique qui est totalement incapable de s’adapter à des situations aussi inédites et graves que celle-ci.

Réorganiser l’économie et la production pour résoudre la crise, c’est possible

Plus largement, les incohérences sur la question du matériel et notamment des tests sont de plus en plus visibles ; les choix des gouvernements étant totalement subordonnés à la fois à leur stratégie politique et aux intérêts capitalistes. Ainsi, ces dernières semaines, on a pu voir Airbus proposer des masques, LVMH du gel hydroalcoolique et Amazon des tests. Preuve s’il en est que l’économie et la production pourraient bien être réorganisées vers la résolution de la crise et reprise en main pour l’intérêt commun. Mais il ne suffira pas d’attendre quelques capitalistes philanthropes qui selon leur bonne volonté pourraient reconvertir leur production : il nous faut des moyens en urgence, pour les soignants et toute la population, et ça, ce sera possible en réquisitionnant toutes les entreprises pharmaceutiques, cliniques privées capables de produire des tests et du matériel au plus vite.

De fait, en même temps que les livreurs sont forcés à continuer de travailler en pleine épidémie, et même qu’Amazon embauche pour se faire du profit sur le dos de la crise, ce dernier propose de livrer 3,5 millions de tests à domicile au Royaume Uni. Derrière une mesure au vernis altruiste, c’est un moyen pour l’entreprise de se donner une bonne image et de continuer son « buisiness as usual » pendant la crise et surtout de s’assurer une sortie de crise le plus vite possible pour reprendre ses activités.

Aujourd’hui, comme l’ont montré les différents pays où des campagnes de tests massives ont été organisées, comme en Allemagne où le nombre de morts est bien moindre, notamment grâce à un nouveau type de test ultra rapide, il est urgent de réclamer des tests gratuits et dès les premiers soupçons de maladie. Le confinement seul sans prise en charge ne pourra rien régler et il est nécessaire de tout faire pour neutraliser les foyers de contamination et garantir la prévention afin d’éviter une propagation à l’italienne ou à l’espagnole, où le nombre de morts ne fait que passer des records dramatiques.

Ainsi, alors que seule la possibilité de remettre en route l’économie au plus vite et les profits dirigent les décisions des gouvernements et des entreprises, nous ne pouvons leur faire confiance pour résoudre la crise. Aujourd’hui, tous les laboratoires de santé mais aussi les hôpitaux doivent être remis sous contrôle de commissions auto-organisées de travailleurs du soin et les entreprises doivent fermer sauf si elles sont essentielles à résoudre la crise ou si leur activité est réorientée dans cette direction. La seule manière de s’en assurer, c’est que les travailleurs reprennent en main leur lieu de travail et organisent eux-mêmes la production, eux qui sont les seuls dont l’intérêt est le bien commun.




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